Savez-vous ce que veut dire « Siri » le nom de l’assistant vocal d’Apple ?

La réponse va vous étonner !

Aujourd’hui je vous parle des femmes dans la tech. On m’interroge souvent sur ce sujet, mais pourquoi vouloir à tout prix une parité dans ce secteur, pourquoi ce militantisme ?

Cette antienne sur les réseaux sociaux semble toucher exclusivement les communautés féminines. C’est néanmoins le reflet d’une culture. Hé oui : Des combinaisons des astronautes calquées sur les dimensions des corps masculins, aux mannequins de crash test, moulés sur des hommes de 76 kg, qui font que les airbags sont inadaptés pour les femmes, sans oublier les ceintures de sécurité inadéquates. Évoquons aussi les médicaments, non testés sur le genre féminin, qui peuvent avoir des effets délétères. Les hommes créent tout naturellement à leur image. S’appuyant, et s’inspirant de leur morphologie, de leur métabolisme, de leurs besoins.

Et cela concerne aussi toute la technologie numérique, car les algorithmes des machines sont conçus à 88 % par des hommes. Et, je ne vous ai pas parlé des smartphones, avec leurs dimensions trop importantes, complexifiant sensiblement l’usage pour les femmes. Des connotations genrées, jusqu’aux libellés des services de technologie.

Par exemple, savez-vous ce que signifie : Siri ? Siri, ce mot norvégien signifiant : « Femme magnifique qui vous mènera vers la victoire. »

Dans la perspective de 2030, 85 % des métiers seront liés au numérique. Problème : En 2021, il y a 23 % de femmes ingénieurs. Et en 2023 ? 17 %.

Amer constat. Le langage informatique est écrit, codé, développé par la gente masculine. On modélise de nouveaux systèmes, mais avec tous les biais de genres, on reproduit des modèles stéréotypés. La question que nous devons nous poser est : « L’avenir doit-il appartenir à seulement une femme sur quatre ? » L’interrogation est encore plus large, car il y a une réelle disparité entre les pays développés et ceux qui le sont moins, dans le cadre de cette situation. Alors, abordons le sujet sous l’angle socio-économique , pour comprendre comment cela se joue à l’échelle internationale. Plus un pays est développé, moins les femmes font d’études scientifiques. Versus : les pays où les inégalités sont les plus marquées entre les hommes et les femmes, sont ceux aussi où les étudiantes sont les plus nombreuses à être diplômées dans les domaines des sciences.

Aux États-Unis, 8 % des diplômes de science informatique sont des femmes. En Algérie, où seulement 15 % des femmes travaillent, elles représentent 41 % des diplômés dans les STEM. [Science, technologie, ingénierie et mathématiques]. Seuls quelques pays d’Amérique Latine accèdent à des chiffres similaires: Elles sont 47,5 % au Pérou, 41,5 % à Cuba. Car les femmes des pays les plus inégalitaires suivent davantage d’études scientifiques, afin de s’assurer d’une carrière stable et d’un salaire lucratif.

En 2015 en Europe, les écoles d’informatique se sont interrogés sur ce déséquilibre. Les causes et les résolutions sont multiples mais le fondamental est universel. C’est au sein de la famille, de l’école, que s’opère la valorisation des talents

56 % des lycéennes sont intéressées par l’informatique et le numérique. Mais elles ne sont plus que 37 % à envisager de s’orienter dans ces filières, pour 66 % de garçons. 22 % des jeunes femmes ne choisissent pas ces parcours en raison de l’hégémonie masculine. Certaines parviennent néanmoins, avec beaucoup de détermination, à aboutir leurs études malgré le manque de représentation féminine, à tous les niveaux. Là encore, rien n’est gagné : dans les 10 ans qui suivent leur activité dans l’IT, les femmes, pour moitié, quittent leur job. Pour autant, 72 % des femmes ingénieurs, n’ont jamais connu de période de chômage depuis le début de leur carrière.

Alors que faire ? J’ai observé que l’action de Sophie Viger, directrice de l’école 42 à Paris, et celle de Chloé Hermary dans son école Ada Tech School, reçoivent des résultats très satisfaisants, avec 70 % de femmes dans les promos. Et cela commence par une communication adaptée – qui n’est pas basée sur les codes très masculins de recrutement ! Ainsi que le souligne Laurence Devillers, le monde numérique sollicite aussi la sociologie, la philosophie, l’économie, matières qui donnent du sens au domaine de la technologie, dans la perspective du progrès et de la novation.

Or, cela converge avec cet indicateur : 73 % des femmes cherchent des domaines à fort impact, contre 50 % des hommes ! Les entreprises doivent s’assurer que les équipes travaillent sur des solutions concrètes pour résoudre des vrais problèmes.

Le secteur du numérique représentait, 7.5 % du PIB en 2022 et malgré un ralentissement en 2023, il repart à la hausse. Le marché de l’informatique est l’un des rares ou l’offre est supérieure à la demande.

Avec ses perspectives de développement, le numérique ne peut pas s’enorgueillir d’entretenir un ghetto de genre. N’est-ce-pas ?

Vous préférez l’écouter que le lire ? RV ici, extrait du podcast trenchTech !

https://www.youtube.com/watch?v=_6ps6zagdSo&list=PL10BD0I2n8jmtFPLJ6Y0M5x_0w095LuSG&index=6

Publié par

Avatar de Inconnu

fabienne billat

Le numérique, c'est une culture, empirique, et humaine. Depuis 1998, mes missions professionnelles se succèdent dans ce domaine, toujours axées sur l'innovation avec la communication comme levier. En 2009 : Collaboration avec la start up Smub, Inc, développement de la techno de sharing de liens web, pour la presse magazine. En 2014 , le sujet de la transformation numérique se pose dans les entreprises mais rien n'est décrypté sur l'engagement des collaborateurs, dont l'implication permet de se rapprocher des entreprises et marques déjà très connectés. Je rédige donc "Au secours, ma boîte se digitalise !" synthèse de mes réflexions, issues de l'expérience terrain, et publiée dans Les Echos : https://wordpress.com/post/fabiennebillat.com/4 (en intégralité sur ce blog) Depuis, pour des acteurs économiques privés et publics je réalise des interventions, des conférences, adaptées au domaine d'activité et au niveau de maturité des utilisateurs, afin de créer un environnement performant. J'accompagne des dirigeants, des start upeurs, des dircom & marketing dans leur présence on-line, leur veille économique, l'optimisation de leur communauté, leur influence mais également celle de leur entreprise. Ponctuellement, je réalise des cover live tweets à la journée, lors d'événements numériques de grands comptes, avec des interviews. Cela vous inspire ? Contactons-nous !

Laisser un commentaire