La Transformation Numérique de l’Entreprise – And more : l’employee advocacy !

Ce sujet est encore méconnu et encore moins déployé dans les entreprises. Aujourd’hui il abonde en éléments chiffrés, car les études permettent de mesurer les effets (positifs !) de l’impact de l’engagement des collaborateurs.
Je reprends en partie cette interview proposée par Be Smarp, en 2018..

Valène Jouany : Bonjour Fabienne, vous avez fondé #FemmesduNum à Lyon, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Avec 10 ans d’expérience en agence et après avoir fait mes armes dans une startup en 2009, je conseille les dirigeants des grands comptes et des ETI dans le cadre de leur transformation numérique.

J’accompagne les dirigeants et les équipes de managers dans leur stratégie de communication digitale. Les grands comptes me sollicitent pour réaliser des conférences, je leur propose des interventions ciblées pour les diriger dans leur investissement dédié à la culture digitale et pour les aider à performer économiquement dans l’ère numérique.

D’après vous, pour quelles raisons le numérique est devenu une évidence pour l’entreprise d’aujourd’hui ?

Le numérique est devenu une évidence tout simplement parce que les consommateurs sont connectés sur le web. On estime par exemple que chaque consommateur gérera 85% de sa relation avec une marque directement sur le web sans interagir avec un être humain d’ici 2020.

Dans un contexte concurrentiel, une marque qui n’est pas présente sur le web est finalement comme une marque qui n’existe pas car les consommateurs Français sont de plus en plus connectés : aujourd’hui, ce sont 26,5 millions de Français qui se connectent à au moins un réseau social. De plus, 7 consommateurs Français sur 10 effectuent des achats en ligne.

En parallèle, la communication corporate est remplacée par les recommandations en ligne :  les consommateurs Français sont en effet de plus en plus attentifs aux avis postés sur le web par d’autres consommateurs. Ils ne se content plus de visiter le site web officiel de la marque pour se renseigner sur ses produits ou sur ses services : 84% d’entre eux lisent des articles partagés par leurs proches pour s’informer et 49% d’entre eux regardent des vidéos partagées en ligne par leurs amis. Il faut savoir que 80% des informations relatives à une marque sont partagées en dehors de sa communication corporate.

Cependant, nous remarquons que 88% des entreprises ne sont pas présentes sur LinkedIn, 73% d’entre elles n’ont pas de page Facebook et 93% d’entre elles n’ont pas de blog ! Seulement 1 grande entreprise sur 2 et 1 PME sur 8 utilisent des solutions de vente en ligne. Or, le web a un formidable potentiel (et est une réalité !) pour les entreprises : nous comptons aujourd’hui 30 millions de consommateurs en ligne et nous estimons que les PME françaises pourraient gagner jusqu’à 1,5 million de consommateurs en comblant leur retard.

De nombreuses entreprises françaises fonctionnent par silos, en quoi le numérique permet d’améliorer leur communication interne ?

L’utilisation de la data amorce de nouvelles perspectives. Et pourtant, seulement 10% de la donnée est traitée par les entreprises. Elle apporte un volume d’informations exponentiel sur les consommateurs connectés. Dès lors, quel process ? Captées par les services informatiques, elles seront ensuite traitées, et c’est là où le décloisonnement entre les métiers devrait avoir lieu : marketing, communication, commercial, jusqu’aux RH, auront inéluctablement à utiliser ces données dans un objectif de connaissance client et de performance commerciale.

D’une manière plus générale, la transformation numérique n’est pas réservée à un ou à des secteur(s) en particulier. Les startups créées par les digital natives ont la dimension digitale et les usages intégrés ! Ce n’est plus un sujet. Citons l’emblématique Michel et Augustin comme exemple d’entreprise agile, réactive, en osmose avec sa communauté de consommateurs. La technologie rassure, mais ne garantit pas l’implication, ni la transformation numérique ! La culture est primordiale.

Une entreprise est le résultat d’un contrat passé entre quatre intervenants :
les employés, les clients, les actionnaires et les gestionnaires.
L’utilisation des réseaux sociaux, de plateformes et de réseaux internes permet à l’ensemble de ces intervenants de se rapprocher et d’échanger des informations en continu.
Notre système pyramidal nécessite des validations, des allers retours qui consomment du temps et nuisent à la réactivité. Or, la communication via des réseaux et des plateformes gomme ces strates et procure un gain de temps considérable.  Prenons un exemple : Google a 5 niveaux hiérarchiques alors que pour le même type d’entreprise, nous en avons 12 en France !

Les modèles collaboratifs sont encore très peu utilisés en France :  seulement 29 % des entreprises Françaises ont testé ces nouveaux modèles. Les RSE (réseaux sociaux d’entreprise) sont utilisés par 40% d’entre elles.

Les PME Françaises sont également en retard dans leur transformation numérique par rapport aux autres PME Européennes. Ce retard est particulièrement visible en termes d’adoption de solutions digitales, comme la présence de l’entreprise sur Internet et sur les réseaux sociaux, la réalisation de ventes en ligne ou l’utilisation d’outils digitaux visant à améliorer leur productivité.

 Les salariés jouent un rôle central dans ce processus, pouvez-vous nous en dire plus ?

Le web est une plateforme apprenante qui donne accès aux salariés à des informations actualisées tous les jours. Le web leur permet de découvrir de nouvelles solutions et d’améliorer leur veille technologique.

Le partage de connaissances devient indispensable pour réaliser les missions plus efficacement mais le ROI par rapport à ce type d’initiative étant encore difficile à mesurer, les managers n’encouragent pas les salariés à exploiter tout le potentiel offert par le web. En effet, 77,3% des employés ne se sentent pas encouragés par leur employeur à partager des informations le concernant sur les réseaux sociaux.

D’après la Harvard Business School, les contenus de marque sont partagés 24 fois plus souvent et leur portée est 561% supérieure lorsqu’ils sont relayés par les employés plutôt que diffusés par la marque.

En parallèle, Nielsen a montré qu’en Europe, 78% des consommateurs font confiance aux recommandations de leurs pairs alors que seulement 32% d’entre eux font confiance aux publicités diffusées par les marques sur les médias sociaux, d’où l’intérêt d’encourager les salariés à devenir des ambassadeurs sur le web !

La formation aux outils du numérique est capitale dans un processus de transformation numérique, avez-vous des conseils pour sensibiliser les salariés et pour les former de manière efficace ?

En France, nous avons tendance à être actifs sur les réseaux sociaux dans un cadre personnel mais nous sommes en retard concernant l’utilisation des réseaux sociaux dans un cadre professionnel.

Je pense que les entreprises doivent former l’ensemble des salariés à l’utilisation du web, celle-ci devant être ancrée dans leurs habitudes de travail.

En se rendant plus visibles sur le web, les salariés développent leur employabilité et leurs compétences et les informations récoltées vont être également bénéfiques à l’entreprise.

Or, très peu d’entreprises françaises forment les salariés à l’utilisation des réseaux sociaux sur le long terme d’où un découragement de la part des salariés car ils ont peur de faire des erreurs. Il n’y a pas un seul cursus de formation qui va convenir à toutes les entreprises et il n’y a pas non plus un modèle unique de transformation digitale.

Bien évidemment, il s’agit là de former les employés avec différents moyens, selon les attentes des managers et des salariés.. Il faut proposer aux salariés une palette de formations pour répondre à leurs différents besoins.

De plus, la création d’une charte d’utilisation des réseaux sociaux va permettre à l’entreprise de rassurer les salariés par rapport aux informations qu’ils peuvent communiquer.

Un autre point important : il faut que le management montre l’exemple.

79% des Français attendent du dirigeant qu’il montre son engagement à faire progresser la société en prenant part aux conversations sur le web.

Stéphane Pallez, CEO de La Française des Jeux, Laurence Paganini, CEO de Kaporal Group, Nicolas Sekkaki, CEO d’IBM France ou encore Nicolas Bordas, Vice-Président International de TBWA\Worldwide sont des dirigeant(e)s très actifs/ves sur les réseaux sociaux, ils montrent l’exemple aux salariés sur la manière de s’exprimer et sur les contenus à partager dans un contexte professionnel.

Quels sont d’après vous les avantages à la fois pour l’entreprise et pour les salariés d’encourager ces derniers à développer leur marque personnelle sur les médias sociaux via l’employee advocacy ?

L’employee advocacy est bénéfique aussi bien à l’entreprise qu’aux salariés, il s’agit en effet d’une collaboration « gagnante-gagnante »

Les avantages de cette stratégie incluent notamment l’augmentation de sa visibilité sur le web, le développement de sa marque employeur, la hausse du trafic web :

  • Plus de 79% des entreprises interrogées par Hinge Research Institute déclarent que l’employee advocacy leur a permis d’augmenter leur visibilité auprès de leur public cible ;
  • 44,9% des entreprises augmentent leur trafic web via l’employee advocacy (Hinge Research Insitute).
  • 2% des salariés partageant des informations relatives à l’entreprise sur les réseaux sociaux génèrent 20% de taux d’engagement vis-à-vis de la marque (Le Blog du Communicant) ;

De plus, les collaborateurs inspirent confiance mais pour le moment, seulement 33% des employeurs les encouragent à partager des contenus de l’entreprise (KRC Research).

En parallèle, l’employee advocacy aide les salariés à construire leur marque personnelle. En communiquant sur la marque, ils montrent à leurs abonnés leur engagement au sein de l’entreprise et leur passion pour leur travail. Ils construisent ainsi leur personal branding et assurent leur employabilité.

Par leurs prises de parole sur les réseaux sociaux, les salariés ont un impact sur les performances de l’entreprise : ils peuvent en effet attirer de nouveaux prospects, trouver de nouveaux fournisseurs, être à l’origine d’une innovation, identifier des experts et de manière plus générale, ils augmentent la visibilité de la marque sur le web.

Il peut être facile de se sentir comme « un employé parmi tant d’autres », surtout dans de grandes structures. Or, l’employee advocacy permet aux salariés d’être reconnus par leurs collègues. En parallèle, cette stratégie renforce le sentiment d’appartenance et l’engagement des salariés au sein de l’entreprise.

Enfin, les salariés développent leur soft skills dont la curiosité, l’empathie, le sens du collectif, la capacité à formuler une idée ou à effectuer une veille technologique.

Avant de nous quitter, si vous deviez résumer en quelques mots la manière dont les entreprises devraient envisager l’ère numérique, que diriez-vous ?

L’ère numérique s’envisage comme une exploration, sans carte d’orientation établie à l’avance. Toute entité définira son usage puis ses destinations en fonction de sa culture, de sa gouvernance et de ses ressources humaines. À cet égard, l’enrichissement est inéluctable !

 

 

 

Influenceurs et marques : les manœuvres improbables

Photo Via Ouest France
Photo : Ouest France

Depuis plusieurs mois, sous l’impulsion du digital et des mécanismes de viralité, « l’influence » se répand à travers les réseaux sociaux.
Un phénomène à la mode qui touche tout le monde : les communicants d’abord, en quête du saint Graal, les agences qui y voient un nouveau business, mais aussi les organisateurs d’évènements pour booster et dynamiser leurs dispositifs.
Et les marques… elles s’interrogent ! Explications.

Une approche qui se structure

Jusqu’à présent, les gentils twittos invités par des marques et les grands comptes dans le cadre de dispositifs événementiels, oeuvraient par plaisir d’assister à des tables rondes riches en débats, en contact avec des experts, et des entreprises susceptibles de les recruter pour des missions.

Aujourd’hui, la proposition de valeur a évolué : elle peut s’accompagner d’une rémunération, ou d’un échange de bons procédés basés sur la visibilité et la notoriété de ces influenceurs. Au programme : Interviews dédiées, kit de com à l’effigie de ces influenceurs, des goodies, la prise en charge des hôtels, repas etc.. Suivant le système, ce sont des compensations qui peuvent suffire à obtenir la participation à l’événement. Et quand cela ne suffit pas, la marque doit passer en mode rémunération …!

D’autres plus avertis en ont packagé une offre en constituant des teams de community managers, de manière très pertinente et accessible, que je recommande particulièrement.
C’est une première marche de structuration, pour cette notion si volatile de l’influence, et cela pose des bases saines de travail.

Les agences d’influence permettent également d’assurer un filtre utile aux entreprises qui n’ont ni le temps et pas toujours les talents adéquats pour discerner l’influence dans ce vaste marécage de viralité. Mais, est-ce suffisant pour déterminer les compétences des parties prenantes ?

Journalistes – Influenceurs : amalgame des genres ?   

Les talents des journalistes et des influenceurs paraissent pourtant complémentaires. Dans une vision réductrice : Pour l’un, les techniques d’engagement (la fameuse « viralité ») notoriété et communauté, pour l’autre, la plume et l’expertise, l’éthique propre au métier.

Certains organisateurs d’événements (agences ou grands comptes) agrègent alors influenceurs et journalistes dans le même panier.  Force est de constater que l’approche fait grincer des dents…

Groupon en a retiré les leçons lors du Meeting 1to1 à Biarritz récemment :

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Et Leila Leveque de l’agence Digital Keys d’assurer « on ne réunit jamais influenceurs et journalistes … c’est la base ! »
Dans les faits, peu nombreuses sont les agences avec l’expérience et le recul, pour se positionner à un niveau respectable.

Les services com -ou digitaux, ne passent (heureusement !) pas dix heures par jour connectés sur les réseaux pour appréhender et dompter cet univers véloce et fluctuant. Mais le laps de temps qu’il leur reste pour effectuer cette veille, est réduit. Cela leur permet de surfer superficiellement sur l’écume émergente, d’entrevoir quelques susdits influenceurs, et taggueurs intempestifs de tout poil.
L’alternative de privilégier le copinage est une erreur, par son manque d’objectivité.
Car sans vision grand angle, l’exigence de qualité ne pourra être assurée.

Pour les grands comptes, je constate depuis plusieurs mois une première prise de conscience, et les services de communication tâtonnent.
Ce sont des échanges nourris que nous établissons, pour leur permettre de bâtir un projet sur-mesure : des profils d’influenceurs expérimentés, validés comme tels avec une réputation avérée, capables de créer du contenu qualitatif, et qui résonne avec leur audience cible.

Un constat corroboré sur ce même Salon du Marketing 1to1 :

Tweet 2

Ensuite il s’agit d’articuler la cohésion de l’équipe constituée. On peut déplorer que l’éthique ne l’emporte pas toujours : la notion pourtant fondamentale des valeurs de l’entreprise, se façonne également par ses choix dans sa présence digitale. En dépit du respect de cette éthique, la marque enterre, en quelques heures, une partie de ses valeurs.

Vous reprendrez bien un peu de sens ?

L’expérience de ce journaliste d’un grand média print est significative de ce que nous avons vécu ensemble lors d’un déjeuner de presse : Convié par Fiat pour tester le nouveau modèle de véhicule, il se retrouve dans l’avion, très surpris, aux côtés d’instagrameuses.

Une fois sur place, le journaliste réalise un essai du véhicule, puis se tourne vers sa voisine de vol pour lui donner les clés. Celle-ci rétorque : « je ne sais pas conduire. » Elle poste sa photo sur Instagram et, s’en va. Cohérence ?
Et surtout, quel retour sur investissement de la marque ? L’image de marque de Fiat se trouve t-elle rehaussée, améliorée, entretenue ? Bien au contraire, -et le journaliste le premier d’en témoigner.

B.a.-ba des bonnes pratiques

Ce phénomène en émergence requiert d’autant plus de rigueur, de travail de recherches, et de qualification des critères.  Il est impératif de travailler sérieusement sur les profils de ces influenceurs, leurs contenus, les cibles touchées, et les résultats souhaités. D’établir des contrats personnalisés, même s’il n’y a pas de rémunération en contrepartie.

Il s’agit de ne pas sous-estimer l’impact des relayeurs et médiateurs d’une marque. La communication digitale implique, plus rapidement et plus largement.

Ensuite, comme toute action commerciale, il faut y associer les bons KPIs en amont (définis en fonction de ses objectifs de marque) afin d’en retirer les bonnes pratiques, les profils adéquats, pour éviter de réitérer des erreurs de ciblage.
C’est une enquête, des investigations effectuées bien avant l’événement, qui permettent de déceler les impostures, inhérentes à ces statuts.
Puis une démarche de co-construction entre marque et influenceurs, des échanges croisés afin d’établir le cadre de la collaboration.

Le digital, enthousiasme toujours de par sa gratuité et son accessibilité. Le mélange qu’il initie apporte à l’innovation, mais le brassage à l’aveugle, sans stratégie, nuit insidieusement à la marque et à ses managers.

Il est temps que les équipes de com en interne, les agences, mais aussi les dirigeants, en prennent conscience !

 

Un grand merci à Marie DOLLE pour sa précieuse contribution 😉

 

 

« Sans impulsion ni leadership, la transformation digitale est dans l’impossibilité de se réaliser »

La croissance de l’entreprenariat en Chine, une fièvre bénéfique pour les Français !

IMG_7962bisLa Chine s’est réveillée, et démontre une vigueur économique prodigieuse.

L’État chinois encourage l’entrepreneuriat et les start-up depuis 2015, identifiées comme leviers de la croissance économique, en facilitant l’accès aux financements.

La principale ambition de la stratégie de Xi Jiping, Secrétaire général du Parti communiste, est d’ouvrir) une nouvelle route de la Soie et de multiplier les partenariats économiques.

Le périmètre du delta de la Rivière des Perles s’étend de Macao à Hong Kong, en passant par Guangzhou -Canton et Shenzhen. C’est la plus grande région urbanisée du monde dont la vocation est de devenir le hub technologique le plus puissant du monde.

Dans les écosystèmes économiquement forts, la conjonction, dans un espace géographique donné, de la présence d’universités et d’investisseurs, d’incubateurs/accélérateurs et d’une volonté politique forte crée une conjoncture économique propice pour les entrepreneurs.

Hong Kong moteur économique, engagé au grand galop

« A Hong Kong, il y a one country, two systems, car le système juridique reste britannique. Et pas de corruption. Ce qui sécurise toute création d’entreprise » affirme Delphine Colson, de la French Chamber à Hong Kong.
Ce sont les USA qui créent le plus d’entreprises à Hong Kong : 20,7% d’entre elles sont américaines. Les entreprises françaises arrivent en quatrième position, et représentent 10,3 % des entreprises.

Depuis 2013, émergent avec force de nouveaux secteurs d’activité : les industries créatives, l’IoT (l’internet des objets) et la fintech.

La création d’une entreprise est particulièrement favorisée à Hong Kong par un environnement fiscal avantageux. Il n’existe pas de TVA, il y a seulement trois impôts directs : sur les bénéfices, sur les revenus, à 15% versus 75% en France, et sur les revenus immobiliers. L’imposition est plafonnée à 16,5% sur les profits et il n’y a pas de taxe professionnelle.

Le point faible de Hong Kong ? Le coût du logement ! Mais qui impacte peu sur le coût de la vie, un salaire moyen à Hong Kong est aujourd’hui équivalent à celui des parisiens.

Depuis 2015, les start-up de Hong-Kong ont bénéficié de financements importants. Cette année là, les fonds de capital-risque, soutenus par le gouvernement, ont levé 230 milliards de dollars, selon l’agence Bloomberg. Par voie de conséquence, les créations de start-up ont été multipliées. En août 2015 il y avait 1 558 start-up à Hong Kong, soit 46 % de plus qu’en 2014. (Source InvestHK, Office de développement économique hongkongais)
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Et même si les incubateurs se sont développés tardivement, -en 2010 on ne comptait que 3 incubateurs et espaces de co-working- leur nombre a explosé depuis !

Face à un pays réputé pour ses copycats, Hong Kong a maintenant soif d’innovation. Notamment pour les technologies de la finance, et l’IoT
Et lorsque les Chinois reprennent des applis existantes, ils les enrichissent dorénavant de nouvelles fonctionnalités. On évolue du “Made in China”, vers le “Designed in China”.

Chaque année, Huawei accompagne des start-up françaises à la découverte de l’écosysytème économique de la Chine. Nous avons rencontré dans ce cadre, la start-up Agorize qui se positionne depuis 2011 comme lien entre les entreprises et les innovateurs : étudiants, start-upeurs, développeurs, pour faire émerger de l’agilité et pousser les potentialités business.

Mathieu Toulemonde a relevé le défi de lancer le projet en Asie : « Depuis l’ouverture à Hong Kong il y a 18 mois, nous accompagnons une quinzaine d’entreprises, une aubaine dans un contexte business ultra dynamique, où agilité et rapidité sont les clés de la  réussite.
Pour faire des affaires, il faut s’appuyer sur les fameux KOLs, les Key Opinion Leaders, tout en utilisant la force du Guanxi: « be friend, and then do business ».
Il conclut par cette information sidérante pour les entreprises françaises : « Avec nos clients, nous fonctionnons avec WeChat : le suivi commercial, les calls et même les devis sont envoyés par ce canal, devenu incontournable en Chine »
Arrêtons-nous justement sur Wechat, qui, pour les Chinois, est bien plus qu’une messagerie : un véritable mode de vie !
Citons We Chat Pay, l’une des sept sources de revenus de Tencent, que développe WeChat. Elle permet de réserver un taxi, payer une facture d’électricité, son addition au restaurant voire prendre un rendez-vous chez le médecin. Même les SDF l’utilisent pour faire la quête.

Avant-gardistes dans leur usage numérique, les Chinois sont 700 millions d’utilisateurs d’Internet : ils ont adopté depuis longtemps le QR code pour tout achat quotidien.
« Chaque Chinois utilise entre 3 et 4 devices, 80% de la consommation est réalisée sur mobile », précise Yvon le Renard, Managing Partner chez Clever Age Asia.

Shenzhen, épicentre de la high-tech mondiale

A une trentaine de kilomètres par la route, mais à une heure de trajet car la circulation est dense, avec le passage de la douane chinoise, se trouve Shenzhen, dans la région de Guangdong, moins connue en France que ne l’est Hong-Kong. En consacrant 4,3% de son PIB à la recherche et au développement de projets novateurs, elle est la ville la plus innovante de Chine.

Cette ville a été créée de toute pièce par le gouvernement, là siègent d’importantes entreprises chinoises, dont l’ancienneté ne dépasse pas trente ans, mais dont la croissance ébouriffe ! Dont Huawei, avec son ascension  remarquable qui frôle la pôle position d’Apple en enregistrant 100 millions de ventes de smartphones depuis le début de l’année. L’Europe a été identifiée comme son second marché.  Si l’on a pu rire des ambitions de Huawei, fondée en 1987, force est de constater que la marque se trouve maintenant au top niveau.DSC03623ter

Dans le cadre de nos visites parmi les acteurs économiques en croissance :  BYD, « Build Your Dreams” né en 1995, est devenu l’un des acteurs majeurs de l’automobile électrique au niveau international. Tencent, lancée en 1998, propose des services sur internet et les mobiles, des jeux vidéo et n’en finit plus de grimper à la Bourse de Hong Kong.

Ce sont des étudiants universitaires qui ont fondé DJI en 2006, maintenant leader du marché des drones grand public, qui emploie maintenant 8000 personnes.

Au centre de Shenzhen, le quartier de Hua Qiang Bei est emblématique de cette activité technologique.
C’est ici que se trouve le méga marché mondial de l’électronique, une sorte d’immense bazar B to B et B to C, regorgeant de produits, de composants tels que les condensateurs, les résistances, les connecteurs, les vis, les interrupteurs etc. Ici, chacun s’agite comme dans une ruche high tech

Les jeunes enfants des vendeurs sont même endormis dans les poussettes devant chaque échoppe. Les parents ne sont pas inactifs, bricolant tout au long de la journée dans les câbles.
Le premier accélérateur hardware HAX, qui a vu le jour en 2011, se trouve opportunément quelques étages au-dessus de ce grand marché, au coeur de l’offre. Il permet aux 200 jeunes pousses qu’il accompagne, de travailler au workshop, et de venir se ravitailler à toute heure pour la réalisation de prototypage. HAX est désormais l’un des plus incroyables programmes de start-up pour les spécialistes du hardware (objets connectés, imprimante 3D) du monde.

En termes d’opportunités hardware, il faut noter qu’un mois à Shenzhen équivaut à trois mois dans la US Bay area !
Le point fort est justement cette gestion de la chaîne logistique, explique Cyril Ebersweiler, co-fondateur de Hax. Le changement qui s’opère ici est de taille, car la production manufacturière et industrielle d’envergure est telle, que les entreprises relocalisent leurs usines en Indonésie et au Vietnam, où les salaires des ouvriers sont plus bas.

A 25 ans, Laurent le Pen s’est installé ici. Il a d’abord fondé Omate, Wearable-as-a-Service, en 2013 : principalement de l’IoT et des wearable pour les gens qui ont besoin de protection. Il ne nie pas la difficulté de lancer un business en Chine sans appui et réseau, dans un marché très compétitif.
Conceptrice de logiciels et de hardware en B2B dans l’IoT, son entreprise affichait un chiffre d’affaires de 3 millions de dollars en 2016.

Il affirme : « Tout va plus vite pour les start up : on trouve des fournisseurs et des partenaires rapidement. » Sa stratégie ? Des éditions de produits limitées, à des prix attractifs.
Cet été il a lancé « OClean One » pour la prévention de l’hygiène buccale, un petit bijou de technologie : une brosse à dents électrique sonique et connectée, autonome durant 60 jours. Il en a vendu 50 000 en ligne depuis juillet et bientôt sur Amazon !

Entre Shenzhen, épicentre de la high-tech mondiale et Hong-Kong, moteur économique engagé au grand galop, parions que la Pearl River captera l’attention des  entrepreneurs vers l’Est… car cette dynamique est contagieuse !

Photos : Copyright Fabienne Billat

 

L’association digitale, qui n’est pas digitale.

Encore une « association digitale » qui, à grand renfort d’intervenants de haut vol, enfume son auditoire de dirigeants de PME ETI sur la transfo numérique.. bullshit.

Je me focalise sur  un événement déroulé récemment dans une ville de province et représentatif de ce que je constate chaque semaine.

Pourquoi ce coup de gueule ? Car, à l’initiative de Mounir Mahjoubi, de Guy Mamou Mani au sein du conseil National du Numérique, avec le plan de digitalisation des PME  , se cache un enjeu économique en grande difficulté spécifiquement en France.

88% des entreprises ne sont pas sur LinkedIn. (Neoptimal )

70% des entreprises n’ont pas investi dans la formation de leurs salariés aux enjeux numérique (EY)

Seules 66% des PME sont équipées de sites web, contre 95% en Finlande.

Seulement 30% des PME sont sur les réseaux sociaux. (source Eurostat)

Nous avons en France, un manque à gagner en points de PIB, soit 200 à 250 milliards d’ euros. (Etude Roland Berger)

 
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Cette fameuse association que j’évoque, dont l’ancien Président  il y a deux ans, diabolisait l’utilisation d’internet auprès de ce même auditoire de décideurs avec force arguments sur le dark web, le cybercrime…

Cette asso, avec un compte sur Twitter, qui, à ma recherche de profil tech le 20 juin, me répondait enfin -négativement.. le 24 septembre. 

On enfonce le clou avec la googlisation du Président actuel : Pas de compte Twitter, profil anonyme comportant 3 contacts sur Linkedin. Et qui lance un beau slide sur la transformation de son association : groupes de travail sur les réseaux sociaux, création d’un shadow comex. Bonne volonté. Peu crédible, eu égard à ce retard flagrant de vision.

Loin de moi de jeter la pierre sur une entité, car je crois que nous sommes tous responsables de cette inculture, en insufflant l’incompréhension, et aujourd’hui des postures totalement désincarnées qui tentent de coller au sujet numérique.

Tous responsables : Consultants qui offrent monts et merveilles alors que nous ne pouvons être experts dans toute la diversité des actions nécessaires pour l’évolution numérique. Fournisseurs d’outils informatique: la transformation n’est pas un outil : Se munir d’une perceuse, d’un pinceau ou d’un batteur de cuisine ne vous rendra ni bricoleur, ni artiste peintre ni grand chef cuisinier.  Agences, etc..

Lorsque l’on porte une responsabilité d’entraineur, de leader, d’une association, et qui plus est, d’une entreprise, en avançant une stratégie numérique, plutôt que de l’imposture, avant toute chose, optez pour de la curiosité et de l’exemplarité.
Le web, c’est de la connaissance, et de l’ouverture.

Interview sur le marketing digital – et les femmes numériques !

 -par Mélanie Corroleur, Brandwatch-

En tant que témoin privilégié de la digitalisation, quelles sont les opportunités que les médias sociaux et la social data ont apporté aux entreprises ?

Internet a totalement bouleversé la communication, les comportements, et par conséquent, le commerce. A tel point que cela nous oblige à réviser les organisations, les cadres législatifs, etc. Et cela se répand à tous les niveaux de la société et de l’entreprise.

Avec le web, les marques ont l’opportunité d’être en interaction directe avec leurs consommateurs.

Il y a quelques années, il suffisait d’être créatif, d’imposer ses accroches et ses punchline pour vendre. Maintenant, le consommateur connecté s’informe à 80 % en amont avant d’acheter. Il est en ubiquité entre les devices, les médias sociaux, il a la possibilité de réagir, voire d’influer sur la pertinence d’un service, instantanément.

La marque ne peut plus limiter ses actions de communication à l’aspect commercial, elles doivent être conversationnelles. Cela nécessite désormais de produire ses propres informations, des contenus personnalisés, devenir un média, une plateforme.

Le consommateur est réellement cross canal, et souhaite qu’on le reconnaisse, où qu’il soit (appli, site e-commerce, réseaux sociaux). Il attend qu’on lui réponde d’une seule voix. Cela représente un réel défi pour la marque, qui doit effectuer des sélections de canaux, tout en simplifiant et fluidifiant ce parcours. Il accomplit de nombreux aller-retour dans son parcours d’achat, essaimant au passage quantité de données.

Deux remarques :

  • L’essentiel du flux des données n’est ni traité, ni analysé par la majorité des entreprises. Là est pourtant toute la valeur de la connexion, et permet de créer de l’intelligence artificielle. C’est un outil extrêmement puissant en amont de l’acte d’achat, permettant l’utilisation de chatbot
  • Par la prolifération d’outils, de canaux de contacts, on sort de la vente simple d’un produit. Dès lors, il s’agit d’entraîner ses consommateurs par une image forte de l’entreprise, créer un environnement propice à l’utilisation d’un service, à la consommation d’un produit. Intégrer ses clients dans un univers emblématique, reconnu.

    A votre avis, quelle est la prochaine tendance dans le domaine du digital ?

    L’accélération des technologies propulse entre autres, l’intelligence artificielle, qui exige des compétences d’analyses. C’est un levier extrêmement fort comme je le disais plus haut, mais qui ne pourra s’absoudre d’une expertise avérée.

    Les outils technologiques permettent la coordination des échanges, mais sont également des supports d’inventivité, de co-création. Pour concevoir des expériences client, il faut maîtriser ces deux aspects, en y associant le marketing, afin de travailler pour les objectifs commerciaux.
    Les tendances, émergentes, sont la reconnaissance vocale, la reconnaissance faciale. Et toujours la messagerie instantanée et le contenu visuel sous toutes ses formes, dont la vidéo.

    La distribution de masse de l’info est en passe de disparaître au profit d’informations attrayantes, à valeur ajoutée. On partage ce qui valorise.

    Pensez-vous que le domaine du digital en France est paritaire ?

    Là, il faut distinguer les secteurs :

    • L’ingénierie informatique déplore en France des chiffres très bas de présence féminine, dans les études, puis dans les parcours professionnels, pour les postes de gouvernance. C’est culturel, et remonte aux années 1970. On chiffre un taux de croissance de 66% pour des entreprises (tous secteurs confondus) dont le board est constitué d’autant d’hommes que de femmes, contre 6% pour les boards composés uniquement d’hommes.
    • Pour les métiers de services liés au numérique : communication, marketing, RH, les femmes y accèdent plus facilement.

    Cet écart est propre à la France et l’Europe, mais ce n’est pas le cas en Asie par exemple. Ce n’est pas un fatalisme, et nous devons y travailler.

    Du côté des entrepreneuses aussi, même si elles ne sont que 10 % en France il y a un potentiel fabuleux !

    Comment pourrait-on aller encore plus loin ?

    Ce sont toujours les mêmes leviers aux différentes étapes de l’apprentissage : éducation, information dans les collèges et les lycées, les études supérieures – témoignages de rôles modèles. A cet égard, les Femmes du Numérique du Syntec sont particulièrement actives à Paris et en région, à Lyon, pour faire valoir cette filière. Il s’agit d’instruire, d’acculturer professeurs, responsables des orientations professionnelles, dirigeants des écoles, des entreprises.

    Nombreuses sont les associations qui œuvrent au quotidien pour accroître la présence des femmes dans le monde numérique.

    L’article complet ici 🙂
    https://www.brandwatch.com/fr/2017/05/femmes-du-digital-interview-fabienne-billat/


Twitter et la Netiquette : respecter, ou dévaluer ?

Il n’y a pas de code de déontologie de Twitter, il repose sur du bon sens, du savoir-vivre. Comme toute communauté, il y a des règles tacites de comportement, qui permettent de conserver la richesse et le niveau originels du réseau, qui des informations, qui des relations amicales ou professionnelles.

D’aucuns en ont produit une expérience, une compétence par leur curation, leur présence quotidienne accrue. Avec pour certains, une activité professionnelle qui s’est déployée, par le temps passé en veille, en discernement, en  recherche continue, de nouvelles expertises.

Bien évidemment, la communauté Twitter est, peu ou prou, le reflet de la société, avec des individus aux comportements peu scrupuleux.
Depuis quelque temps, ce savoir-vivre se ruine, par une poignée de personnes n’ayant pas la prescience du travail, ni respect de la veille, des publications d’autrui.
Rien ne les gène pour publier les meilleurs tweets sans mentionner les sources qui leur ont permis de déceler ces publications.
Tout n’est pas réglementé, heureusement, mais dans le monde professionnel, ne pas citer ses sources est une grossière erreur.

Ainsi, pour conserver la qualité d’information, d’innovation que l’on peut trouver sur Twitter, cette règle doit être restaurée.
Ce qui guette sinon Twitter, c’est l’appauvrissement, le nivellement par le bas. Et pour  ces amateurs ou personnes malveillantes, une réputation déplorable.

Alors, que décidons-nous ? Le respect, ou la dévaluation ?

Ce billet pour dénoncer une part des mauvaises pratiques de certains utilisateurs de Twitter, car nous sommes plusieurs à le déplorer.
Pierre Cappelli se joint à moi dans cette démarche, et publiera prochainement un article.  Chacun peut participer, témoigner brièvement, afin de conserver tout l’intérêt
de ce réseau !

 

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