Toujours un peu les mêmes réactions devant la nouveauté, n’est-ce pas ? !
Dès le XVIIIe siècle, l’invention d’un dispositif révolutionnaire, la navette volante, améliorant la productivité des métiers à tisser, a eu comme conséquence de provoquer des révoltes.
Lorsque la tâche est répétitive, elle peut être facilement automatisée. Avec l’intelligence artificielle, 10 % des emplois en France sont d’ailleurs exposés à une automatisation totale.
Et, on ne va pas se mentir, l’arrivée d’une nouvelle technologie, suscite depuis toujours son lot d’inquiétude.
Mais l’usage nous apprend également que l’intelligence artificielle ne se « contente » plus d’automatiser : vous sentez déjà le changement dans ce verbe, qui verse dans l’anthropomorphisation de la machine ? Comme si elle était dotée de décision .
L’intelligence artificielle excelle à retranscrire, et semble générer des idées à partir de grands ensembles de données. Elle a l’air d’apprendre, et pourtant elle redéfinit les métiers. De nouveaux jobs surgissent, directement liés à son usage. Comme cette information qui nous a frappé lorsqu’elle a été révélée en 2023:
Dans le secteur des médias, des agences utilisent l’intelligence artificielle pour la rédaction d’articles, en procédant ensuite à des vagues de licenciement de rédacteurs de contenu Web. Et le plus ironique dans l’histoire, ces même rédacteurs sont désormais payés, assez mal, pour rendre à cette production, automatisée, des aspects plus humains.
Je m’explique : l’intelligence artificielle, rédigeant des formulations, trop étranges, ou trop enthousiastes, il faut alors revenir sur son rendement et supprimer les mots, fleuris comme : « donc, néanmoins », » qui ne conviennent pas à une rédaction professionnelle. L’IA générative ne détruit pas d’emploi, mais juste le niveau de rémunération de ces emplois.
Cette réalité, soulève de grandes questions. Or, si tout devient homogène, comment se manifestera la valeur ajoutée ?
Autre question : le risque de déqualification de l’utilisateur. menace-t-il, l’intelligence artificielle, elle-même, qui s’alimente sur la créativité humaine. In fine, elle risque de tourner en rond. On touche au cœur du sujet : homogénéité des compétences, diminution de la créativité, comment les entreprises réagissent-elles ?
Lorsque l’on parle de compétences, 71% des chefs d’entreprise préfèrent embaucher un candidat moins expérimenté, mais qui maîtrise les compétences de base de l’intelligence artificielle. Plutôt qu’un expert, qui ignore tout des usages. Finalement, faire travailler les humains plutôt que l’intelligence artificielle reste rentable dans la grande majorité des secteurs. Et selon le MIT, 23 % des travailleurs pourraient être remplacés de manière rentable. Ce discours est rassurant, car si nos activités reposent sur des compétences humaines, telles l’empathie, le jugement, l’esprit critique, nous serons épargnés.
Mais depuis peu, et c’est assez nouveau, nous découvrons que l’intelligence artificielle s’infiltre dans des métiers nécessitant de la réflexion. C’est-à-dire ceux des cols blanc. Et elle pourrait contribuer à combler le déficit de compétences dans certains secteurs. Le dernier World Trend Index annuel, publié en mai 2024 démontre une évolution : trois travailleurs du savoir sur quatre utilisent l’intelligence artificielle au travail. Mais seulement 39 % d’entre eux ont obtenu cette formation dans leur entreprise. Autre paramètre instructif, d’après le World Economic Forum, qui rejoint les thèses de Gabrielle Halpern sur l’hybridation : cette info, que les étudiants apprennent mieux avec l’intelligence artificielle, que durant les cours traditionnels.
Ce qui signifie que les étudiants qui utilisent intelligence artificielle, développent des compétences en pensée critique, plus rapidement que ceux qui restent sur des méthodes dite classiques. La clé ? C’est de savoir poser les bonnes questions ! Mais aussi d’interpréter les réponses. Or, les entreprises anglo-saxonne, comme Google, Skype, Apple, l’ont compris. Elles recrutent depuis quelques années des profils incitant à la réflexion, comme des philosophes et des sociologues.
Le PDG de Microsoft France affirmait en outre, que dans les dix prochaines années, les profils les plus recherchés seraient les mathématiciens et les philosophes. Pourquoi ? Parce qu’à l’ère technologique, il est salutaire de questionner, de considérer les technologies elle-mêmes, et la valeur du travail. Cela est si vrai qu’il est concevable que l’intelligence artificielle intégrera à l’avenir des préceptes philosophiques.
Mais pour ne pas tirer de conclusion manichéenne, on va terminer avec cette réflexion de Luc Julia : quels métiers ont été remplacés par l’intelligence artificielle ces dernières années ?
- Pour le moment, il n’y en a pas.
Mais des tâches , oui!
A écouter sur le podcast TrenchTech : https://b21-audiofiles.ausha.co/0gR0pUp3wnYcAYKvL1LddWmcKMpCRrL5J3VKpLsU.mp3?token=1769704239-3aeAXxc%2Bb7WbV0OdHPdlMzeD6PdDsHY%2BbUjoOy3I4VA%3D


