A la découverte du Liberland !

Vous aimez les voyages, la liberté ? Alors ce n’est pas une destination de vacances à proprement parler, mais d’un voyage singulier, que je vous propose de faire.

Car, le Liberland, tel est le nom de ce pays, est un laboratoire fascinant. Pour expérimenter la démocratie directe, une économie libertarienne qui repose sur la technologie blockchain. C’est Renaud Lifchniz expert en cybersécurité qui m’a inspirée. Très concrètement, c’est assez roots pour s’y rendre !!

Soit en traversant le Danube par la Serbie, soit par une route forestière isolée, en venant de la Croatie.

Je vous explique l’origine de la création de cette micro nation, car il en existe plus de 400 dans le monde : avec la dissolution de l’ex Yougoslavie dans les années 1990, la Croatie et la Serbie ont vu émerger des zones floues autour du Danube, le fleuve qui sépare les deux pays. Cette bande de terre, de 7 km², devient terra nullius, littéralement « une terre sans maître ». Et le 13 avril 2015,  Vít Jedlička, journaliste, entrepreneur tchèque, saisit l’occasion juridiquement ambigüe, pour créer une micro nation : le Liberland. Il proclame son indépendance et en devient par la même, son Président. Vít Jedlička, applique la vision d’un libertarien, un gouvernement réduit au strict minimum. Des impôts volontaires, et une structure de gouvernance, reposant sur la blockchain.

Sa devise : « Un minimum de droit, pour un maximum de liberté. » Les citoyens qui contribuent volontairement, obtiennent en échange des droits de vote supplémentaires. Quant aux armes à feu, leur possession n’est pas contrôlée par l’État. La blockchain joue un rôle clé dans la gouvernance, et les finances de ce pays. Avec le Liberland dollar, et le Liberland Meritt comme jetons officiels. L’économie repose sur un système décentralisé et transparent.

À la suite des élections le 6 octobre 2024, c’est Justin Sun le fondateur de Tron, une des plus grosses cryptomonnaies, qui est nommé premier ministre. Cette organisation unique s’étend même à la citoyenneté. En plus des résidents et des citoyens, le Liberland propose un statut de e-résident, permettant de gérer des activités commerciales, ou d’établir une entreprise au Liberland depuis n’importe où dans le monde. Déjà, une centaine de sociétés y sont enregistrées et le nombre de e-résidents dépasse les 5000. Le Liberland  est le troisième plus petit état au monde. Sa langue officielle est l’anglais, et bien qui ne soit pas encore pleinement reconnu sur la scène internationale, il remplit déjà les quatre critères de la Convention de Montevideo, pour être considéré comme un état.

Alors si ça vous emballe, rendez-vous en août, pour le « floating man festival » une sorte de Burning man qui attire des passionnés de musique, d’économie alternative, pour célébrer la liberté, et ce durant quatre jours au village d’Ark Liberland. Au programme : discussions autour de l’économie et de la politique, débats sur la liberté et les droits fondamentaux. Les participants peuvent séjourner dans des chalets ou sous les tentes, pour s’immerger totalement. Et ensuite, l’ambition de Vít Jedlička est vaste : en 2023, il a officiellement annoncé l’ouverture des frontières du pays, parce que le Liberland, plus qu’un territoire, c’est une philosophie politique.

 Alors, qui prépare son sac à dos ?

A écouter sur : https://www.youtube.com/watch?v=UOVWPOrH1F0

Le 14 février 2024, c’était la Saint-Valentin, vous le savez, mais c’était aussi la naissance d’une révolution :

En 2024, Open AI donnait naissance à Sora AI.

Sora, c’est un nom japonais, qui évoque le ciel, le paradis, qui ouvre la voie à des possibilités inédites dans la production de vidéos.

Cette production, limitée à 60 secondes, est initiée par des prompts. Voilà un bond technologique comparable à celui que nous avons connu avec la génération d’images, il y a plus d’un an.

Sora utilise une architecture de transformateur, et se distingue par sa capacité à créer des scènes, riches et réalistes avec plusieurs personnages, des mouvements complexe de caméra, et une multitude de détails précis. Tout cela dans une grande cohérence. Néanmoins, vous avez pu observer que le modèle présente des faiblesses, au niveau des doigts, des bras ou des jambes. Et peut ne pas comprendre des cas spécifiques de cause à effet. Par exemple : une personne peut croquer dans un biscuit, mais le biscuit reste entier !

On peut déjà imaginer à quel point cela bouleversera les processus créatifs, et de conception vidéo traditionnelle. Mais également raviver les inquiétudes des syndicats d’acteurs américains déjà en grève en novembre 2023. Car, selon les prévisions de Forrester, d’ici à 2030, 90 % des blockbuster américains seront produits à l’aide de l’IA générative.

Hormis la production cinématographique , artistique, culturelle, publicitaire, ces vidéos, Immersive offriront la possibilité de produire rapidement du contenu, que ce soit par exemple, dans l’information, l’éducation, le marketing Etc.Alors justement, Open AI a mis en place une red team de personnalité triées sur le volet, des réalisateurs, des artistes, des experts, dans le domaine de l’intelligence artificielle, afin de déceler les dangers et les risques en matière de deep fake et d’usurpation d’identité.

L’autre promesse, celle de la garantie, la fiabilité des contenus générés, en envisageant l’intégration de méta données. Des filigranes appelés Watermark pour faciliter leur vérification. À ce sujet, la CNIL italienne, a ouvert une enquête début mars 2024 sur différentes modalités comme les données, l’entraînement des algorithmes, et donne un délai de 20 jours à Open AI pour y répondre.

Pour autant la concurrence reste vive. Google, Meta, et d’autres, sont lancés dans la course. Mais ce qui pourrait faire toute la différence pour Sora, c’est la combinaison d’un bon timing et d’importante capacité d’investissement. À l’instar de ma conviction sur les contenus informationnels, le photo journaliste Nils Ackermann soulève cette réflexion : selon lui, plus il est facile de produire du faux, plus le vrai aura de la valeur.

Avec cette profusion d’images créées depuis un an, lisses, égales, pouvons-nous anticiper une revalorisation du vrai ? Où les œuvres réelles parfois imparfaites, offriraient une alternative, à l’abondance de ces contenus si synthétiques ?

IA : Des pistes, pour une éthique de l’intelligence artificielle

L’éthique de la technologie bat son plein ! Et ce sujet peut s’étudier sous différent angles, avec de nombreuses possibilités d’appréhender sa complexité multidimensionnelle.

L’engouement porté à l’IA générative par le biais de ChatGPT, rebat à nouveau toutes les cartes. Cependant, l’éviction de Sam Altman d’Open AI en novembre 2023 est révélatrice d’une tension croissante entre l’idéalisme vertueux, et le pragmatisme commercial.

Et, ce terme d’intelligence, est ici trompeur, il devient anthropomorphique. Rappelons qu’il s’agit d’un dispositif mathématiques de probabilités, de statistiques, et non pas de conscience. Pour autant, la production de cette intelligence artificielle et de son usage, découlent des problèmes éthiques.

D’ailleurs 94 % des dirigeants français sont activement engagés dans l’élaboration de nouveaux cadres plus adéquats. En premier lieu, on peut regretter que l’on ne puisse pas compter sur nous, contemporains connectés, pour délivrer des données intelligentes, sourcées, pour des échanges instructifs et pondérés, sur les plates-formes. Notre éthique serait directement infusée dans les algorithmes. On ne peut accréditer non plus les déclarations angéliques des big boss de la tech, portées par leurs propres idéaux, messianiques et pas si universels.

  • Lorsque l’on est dans une grande entreprise qui s’apprête à utiliser ces méga IA : Quelles questions faut-il se poser, comment instaurer une approche corporate et éthique ? Cela implique des réflexions philosophiques, des choix technologiques, des actions de formation , éducatives et des cadres législatifs.

Mais je ne reviendrai pas sur ce dernier point abondamment traité, notamment avec les règlements européens. On se tourne naturellement vers les philosophes, les éthiciens. Qui questionnent les finalités et les limites de l’IA, et proposent des cadres en résonance avec nos valeurs, et avec notre déontologie. La technologie est également une ressource.

Les concepteurs d’algorithmes peuvent intégrer des principes éthiques, dès la phase de conception. Mais aussi, de la transparence et de la robustesse. Pour cela, il faut recourir à des méthodes et des outils appropriés , tels que l’audit, la certification.

On peut envisager aussi l’attribution d’un label. L’explicabilité de l’intelligence artificielle contribue à la confiance. Et plus intelligible encore, l’auto-explicabilité de l’intérieur, vise à rendre plus compréhensible les décisions d’un système. Puis la traçabilité, la protection des données, la correction des biais, ou ce que je considère comme essentiel, la conception centrée sur l’utilisateur.

Toutes les parties prenantes peuvent être sensibilisées avec des formations, dès le collège, les programmes scolaires et universitaires, qui devraient inclure l’éthique. Qui s’inséreraient dans les disciplines fondamentales.

Il y a un autre outil efficace efficient, pour y avoir apporté ma contribution: La création de comités d’éthique, indépendants aux boîtes de technologie. Régulièrement convoqué, ce comité d’experts indépendants intervient sur les cas d’usage et pose des repères. Cet exercice est un challenge, car des situations concrètes et singulières se font jour, avec leur lot de questionnement. Fort à propos, comme l’observe le philosophe Dominique Lecourt : l’éthique de l’IA est une éthique de la discussion.

Dès lors on n’a pas fini d’en parler !

Vous pouvez aussi écouter cette chronique PatchTech sur l’excellent podcast Trench Tech , ici : https://www.youtube.com/watch?v=bG1MIq9x5hk&list=PL10BD0I2n8jmtFPLJ6Y0M5x_0w095LuSG&index=5

Savez-vous ce que veut dire « Siri » le nom de l’assistant vocal d’Apple ?

La réponse va vous étonner !

Aujourd’hui je vous parle des femmes dans la tech. On m’interroge souvent sur ce sujet, mais pourquoi vouloir à tout prix une parité dans ce secteur, pourquoi ce militantisme ?

Cette antienne sur les réseaux sociaux semble toucher exclusivement les communautés féminines. C’est néanmoins le reflet d’une culture. Hé oui : Des combinaisons des astronautes calquées sur les dimensions des corps masculins, aux mannequins de crash test, moulés sur des hommes de 76 kg, qui font que les airbags sont inadaptés pour les femmes, sans oublier les ceintures de sécurité inadéquates. Évoquons aussi les médicaments, non testés sur le genre féminin, qui peuvent avoir des effets délétères. Les hommes créent tout naturellement à leur image. S’appuyant, et s’inspirant de leur morphologie, de leur métabolisme, de leurs besoins.

Et cela concerne aussi toute la technologie numérique, car les algorithmes des machines sont conçus à 88 % par des hommes. Et, je ne vous ai pas parlé des smartphones, avec leurs dimensions trop importantes, complexifiant sensiblement l’usage pour les femmes. Des connotations genrées, jusqu’aux libellés des services de technologie.

Par exemple, savez-vous ce que signifie : Siri ? Siri, ce mot norvégien signifiant : « Femme magnifique qui vous mènera vers la victoire. »

Dans la perspective de 2030, 85 % des métiers seront liés au numérique. Problème : En 2021, il y a 23 % de femmes ingénieurs. Et en 2023 ? 17 %.

Amer constat. Le langage informatique est écrit, codé, développé par la gente masculine. On modélise de nouveaux systèmes, mais avec tous les biais de genres, on reproduit des modèles stéréotypés. La question que nous devons nous poser est : « L’avenir doit-il appartenir à seulement une femme sur quatre ? » L’interrogation est encore plus large, car il y a une réelle disparité entre les pays développés et ceux qui le sont moins, dans le cadre de cette situation. Alors, abordons le sujet sous l’angle socio-économique , pour comprendre comment cela se joue à l’échelle internationale. Plus un pays est développé, moins les femmes font d’études scientifiques. Versus : les pays où les inégalités sont les plus marquées entre les hommes et les femmes, sont ceux aussi où les étudiantes sont les plus nombreuses à être diplômées dans les domaines des sciences.

Aux États-Unis, 8 % des diplômes de science informatique sont des femmes. En Algérie, où seulement 15 % des femmes travaillent, elles représentent 41 % des diplômés dans les STEM. [Science, technologie, ingénierie et mathématiques]. Seuls quelques pays d’Amérique Latine accèdent à des chiffres similaires: Elles sont 47,5 % au Pérou, 41,5 % à Cuba. Car les femmes des pays les plus inégalitaires suivent davantage d’études scientifiques, afin de s’assurer d’une carrière stable et d’un salaire lucratif.

En 2015 en Europe, les écoles d’informatique se sont interrogés sur ce déséquilibre. Les causes et les résolutions sont multiples mais le fondamental est universel. C’est au sein de la famille, de l’école, que s’opère la valorisation des talents

56 % des lycéennes sont intéressées par l’informatique et le numérique. Mais elles ne sont plus que 37 % à envisager de s’orienter dans ces filières, pour 66 % de garçons. 22 % des jeunes femmes ne choisissent pas ces parcours en raison de l’hégémonie masculine. Certaines parviennent néanmoins, avec beaucoup de détermination, à aboutir leurs études malgré le manque de représentation féminine, à tous les niveaux. Là encore, rien n’est gagné : dans les 10 ans qui suivent leur activité dans l’IT, les femmes, pour moitié, quittent leur job. Pour autant, 72 % des femmes ingénieurs, n’ont jamais connu de période de chômage depuis le début de leur carrière.

Alors que faire ? J’ai observé que l’action de Sophie Viger, directrice de l’école 42 à Paris, et celle de Chloé Hermary dans son école Ada Tech School, reçoivent des résultats très satisfaisants, avec 70 % de femmes dans les promos. Et cela commence par une communication adaptée – qui n’est pas basée sur les codes très masculins de recrutement ! Ainsi que le souligne Laurence Devillers, le monde numérique sollicite aussi la sociologie, la philosophie, l’économie, matières qui donnent du sens au domaine de la technologie, dans la perspective du progrès et de la novation.

Or, cela converge avec cet indicateur : 73 % des femmes cherchent des domaines à fort impact, contre 50 % des hommes ! Les entreprises doivent s’assurer que les équipes travaillent sur des solutions concrètes pour résoudre des vrais problèmes.

Le secteur du numérique représentait, 7.5 % du PIB en 2022 et malgré un ralentissement en 2023, il repart à la hausse. Le marché de l’informatique est l’un des rares ou l’offre est supérieure à la demande.

Avec ses perspectives de développement, le numérique ne peut pas s’enorgueillir d’entretenir un ghetto de genre. N’est-ce-pas ?

Vous préférez l’écouter que le lire ? RV ici, extrait du podcast trenchTech !

https://www.youtube.com/watch?v=_6ps6zagdSo&list=PL10BD0I2n8jmtFPLJ6Y0M5x_0w095LuSG&index=6

2023 : Un point sur ChatGPT

Ceci est le texte d’une chronique sortie en mars 2023 !!

Je le publie comme « devoir de mémoire »

Après son entrée sur scène fulgurante en octobre 2022, je reviens sur ce phénomène.

Du point de vue technologique, ce n’est pas réellement révolutionnaire. Pourquoi ? L’intelligence artificielle, ce n’est pas nouveau. La communauté scientifique, travaille sur ces modèles, depuis quelques années. Dès 2018, Google possédait la technologie, mais le projet a été stoppé, par peur des répercussions légales. Cependant, le reste de l’équipe à continué de travailler à ce qui donnera naissance à Bard. Dans cette bataille aux côtés de Microsoft, Google, Amazon, c’est Open AI le premier à avoir lancé son chatbot.

« On a scrapé tout le Web ». Après nous avoir laisser remplir Internet durant des années, l’intelligence artificielle est en train de nous restituer toute notre connaissance, sous forme de dialogue interactif.

Mais ce qui est fou avec ce chatbot, est la vitesse de son déploiement, l’accessibilité de l’interface : la tech disparaît, l’expérience est sans couture. Le chabot d’Open AI, c’est 100 millions d’utilisateurs actifs atteint en deux mois. En grillant TikTok, au poteau !

Et Chat GPT, attire plus de 100 millions d’utilisateurs par jour, en proposant un copilote pour les pros du marketing. Mentionnons rapidement l’IA de Meta, ouverte aux chercheurs avec Lama.

Ces chabot conversationnels ont pour objectif de capturer la sémantique, des mots, des phrases, des documents. Il n’y a qu’un calcul, qu’une prédiction des plus fortes probabilités, des mots à dérouler. Et là, il excelle !

Il rédige des phrases, effectue des synthèses, il est parfait pour des traductions. Soulignons que dans le corpus de données, se trouve 46 % de contenus en anglais et moins de 5 % en français. Et vigilance aussi, sur la confidentialité: 3 % d’informations top secret ont été injectées. ChatGPT connaît beaucoup de sujets, mais peu en profondeur. Il ne se préoccupe pas le moins du monde de la véracité de ses réponses.

L’intelligence artificielle, ne raisonne certes pas, mais elle est en apprentissage constant. Selon le chercheur, Philippe Mérieu, le danger de ChatGPT se trouve dans le rapport aux connaissances, qu’il promeut, plus que dans la fraude. Néanmoins, ChatGPT est limité. Il s’appuie sur une base de connaissance qui n’a pas été mise à jour depuis septembre 2021.

La sortie de ChatGPT 4 fait la promesse d’être 500 fois plus puissant et plus rapide. Il est capable d’améliorer ses performances de 30 %, en utilisant un processus d’auto réflexion, consistant à demander aux modèles d’apprendre ses erreurs.

Grosse question : Quels sont les métiers que l’intelligence artificielle pourrait bouleverser ? Goldman Sachs prévoit 300 millions d’emploi menacés. Citant le secteur bancaire et financier, le consulting, les avocats. Les examens d’admission américains sont passés avec 90 % de succès par Chat GPT. Dans le secteur de la santé, ChatGPT a obtenu un score impressionnant de 52 à 75 % aux tests de connaissance. Les hackers, mais aussi deux tiers des décodeurs l’utilise. Lors d’une compétition sur un test de science comportant plus de 21 000 21 000 questions, l’intelligence artificielle d’Amazon a obtenu un score de 91,68 %, battant les humains.

Une autre a rédigé ses premiers articles pour un grand groupe de presse britannique où là, 200 poste ont été supprimés. En regard d’autres grands médias, qui s’insurgent contre Open AI, pour avoir utilisé leurs articles afin d’ d’entraîner ChatTGP, sans autorisation, ni compensation financière. À ce sujet, faudra-t-il re repenser des droits d’auteur ? Ou alors ce chabot sera-t-il le meilleur moyen de ne pas avoir de compte à rendre sur l’utilisation de données, en ne précisant pas leur origine? D’autant qu’ils peuvent désormais citer des sources probables, mais non exactes.

Nous sommes sur une autre conception de la connaissance, comme l’observe le philosophe Gaspard Koenig : « Je pense que la multitude d’apport, d’images et de textes amplifiera la dilution et la notion de propriété. »

Les américains sont en réflexion. Et l’équivalent de l’INPI demande aux auteurs qui veulent faire enregistrer leurs propriétés intellectuelle sur une œuvre, doivent déclarer des éléments intégrés et générés par une intelligence artificielle.

Quid des coûts ? Moins couramment évoquées sont les dépenses. La facture est salée pour ChatGPT et les chiffres diffèrent. Pour Forrester, le traitement des requêtes soumises, à pu coûter jusqu’à 40 millions de dollar en janvier 2023. Et l’intégration de l’intelligence artificielle au moteur de recherche, coûterait 10 fois plus cher. En matière d’énergie, ChatGPT & consorts sont extrêmement gourmands. Et infligent, une empreinte environnementale conséquente. L’apprentissage d’un simple modèle d’IA pourrait consommer l’équivalent de 100 foyers américains sur un an.

Après cette overview, je vous laisse de sur cette réflexion Georges Braque:

« Écrire n’est pas décrire.

Peindre n’est pas dépeindre ».

Alors, à votre avis, me suis-je reposée sur ChatGPT pour écrire cette chronique ?!

Pour l’écouter c’est ici : https://b08-audiofiles.ausha.co/o4T5AGx8sb3xfmEbBkDIrJ56myB0Sf3Xdz6aeA5e.mp3?token=1762706500-R%2FhDHIHLDn7XacyL1m3VlpVb6no4C60EgQpA6OeMg1I%3D

Social Media : Modération impossible ?

Car malheureusement, nos prises de parole sont pas toujours aimables !

On le remarque tous les jours, certains échanges s’accompagnent d’abus de comportement, avec des commentaires dénigrants, des invectives, du harcèlement, qui font partie désormais du paysage numérique.
Au regard du volume, de la viralité, les plates-formes sont en première ligne et les opérateurs ont du mal à modérer la polarisation de certains messages. Citons le principe d’asymétrie des idioties , ou la loi d’Alberto Brandolini, programmeur italien, qui décrit la complexité de la modération :
 » La quantité d’énergie nécessaire pour réfuter des idioties est supérieure d’un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire. »
Cet espace numérique, le cyber-espace évoque souvent, le Far-West !

Un chiffre : pour la désinformation sur Facebook, sur un sujet polémique, un point culminant de environ 200 millions d’engagements mensuels a été enregistré.
Être sur Internet, renforce parfois un sentiment d’impunité dû notamment à l’anonymat.
Plus précisément, 5,4 % des commentaires publiés en ligne sont de nature toxique.
Ce taux assez bas vous étonne ? Alors, si vous remarquez davantage d’agressivité sur vos fils, un nettoyage au sein de votre communauté, est à envisager.

Pour les marques les commentaires mal modéré coûte cher. Plus généralement, la modération convoque des enjeux démocratiques et politiques…

Pourtant la vision initiale des créateurs de ces plateformes prônait la possibilité de débats et d’échanges
En témoigne Jack Dorsey, fondateur de Twitter en 2018 . Face au Sénat américain, il définissait son réseau comme une place publique numérique. Pour des échanges libres et ouverts. Certes, mais conçu par des entreprises privées.
Ces agoras sont dépendantes de contraintes économiques. La modération des contenus doit s’inscrire dans ce modèle économique. Chacune devrait trouver un consensus sur le traitement des contenus politiques ou idéologiques. Alors le numérique est mondial, mais les plates-formes sont majoritairement américaines. Et nous n’avons pas la main !

C’est pourquoi l’objectif du règlement du DSA européen est de garantir un niveau minimum de modération, surtout toutes les plates-formes.

Il stipule : elles devront veiller à l’application des lois du réel, dans le monde virtuel, en intégrant un outil de signalement, avec une obligation de réaction rapide. En France, soulignons le nouveau plan de lutte gouvernementale contre le racisme et la haine en ligne, qui prévoit la création d’un guichet unique pour centraliser les signalements et préparer les éléments juridiques et techniques nécessaires au travail de la police.
Sur les réseaux sociaux les plus suivis, comment se passe la modération ?

Pour Twitter, la volonté affichée d’Elon Musk est de la limiter drastiquement. Pour lui, les fausses nouvelles n’existent pas. Si quelqu’un affirme que la Terre est plate, c’est son droit. Il a d’ailleurs licencié une partie des équipes de modérateurs, et Twitter devient l’outil libertarien conforme à ses visions. Jusqu’à présent, sur Facebook, tout message peut-être masqué ou supprimé. Le troll, le spam peuvent être bannis, et l’expéditeur exclu de la page concernée.

Osons maintenant une pointe de sensualité ! Les images contenant des mamelons de femmes, sauf dans certains contextes de santé, sont interdits sur FaceBook.
Ici, on a le droit !!

Pourquoi alors, les images d’Hommes torses nus sont autorisés ? Le conseil de surveillance de Meta appelle à revoir cette règle sur la nudité

Comment établir des garde-fous devant des publications nuisibles ? Il y aurait plusieurs solutions :
l’automatisation, c’est difficile. Car les algorithmes sur lesquelles elle s’appuie reste imprécis. Comme l’observe Asma Mhalla cela ne suffirait pas. Il faut contextualiser, aux lieux, aux environnements, culturels, politiques , aux situations, etc. Celle du shadow ban ? C’est-à-dire bannir un utilisateur sans que celui-ci en ait conscience. Le Rageux qui fait le commentaire, le voit posté sur la page, mais il est invisible pour les autres visiteurs.

C’est assez dissuasif. Interdire ? Ce serait une forme de censure. Et afficher une contradiction. Alors que l’on est partisan de la liberté d’expression.
Et un système hybride ? D’un côté, l’utilisation d’algorithme de détection pour retirer automatiquement les contenus les plus violents, et de l’autre, le recours à des modérateurs professionnels, chargé de trier le reste.
Évoquons aussi la réponse collective : avec une modération communautaire, comme sur Twitch.
Est-ce efficace ? Oui mais pas toujours, lorsque sans aucune raison, l’outil bloque sur le mot « breton » !!

Cette tâche de modération est titanesque. Chronophage, traumatisante, et souvent inefficace, pour maintenir un environnement paisible et démocratique. Néanmoins, toute plate-forme devrait allouer les moyens et les ressources nécessaires

Les chercheurs de l’université de Cornell, ont développé une intelligence artificielle capable de déterminer si les conversations en temps réel prennent une mauvaise tournure. Elle suggère des moyens pour désamorcer les échanges agressif. La solution est peut-être là??


Blurred lines ! À l’heure du tout numérique, tellement exposés sur nos écrans, quelle frontière faisons-nous entre vie privée et vie publique ?


Désormais on travaille de chez soi, durant les trajets, en espace de coworking et même en vacances ! Notre perception de la notion de la vie publique et de la vie privée est embarquée par notre exposition croissante sur le Web. Nous passons en moyenne près de cinq heures chaque jour devant nos écrans, et à 8h par jour c’est de l’hyper connexion. Les frontières nettes autrefois, s’estompent. Avec les différents réseaux sociaux, ces limites sont devenus floues et poreuse, c’est le concept du blurred lines.
To blur, signifie «  brouiller », effacer

Inéluctablement, on se remémore la situation de la crise sanitaire qui a accru les usages numériques. 65 % des Français déclarent avoir utilisé davantage Internet pendant le confinement. D’ailleurs, le numérique a été perçu par près de 7 Français sur 10 comme un soutien pour maintenir l’économie et le lien social. Cette hausse du recours au digital durant la pandémie s’accompagne d’une augmentation de la confiance portée par les Français envers le numérique. Soit plus cinq points par rapport à 2019.

Par l’échange abondant de contenus, par notre manière de naviguer sur Internet, nous livrons tant d’éléments qui renseignent sur nos vies privées. Pour avoir une petite idée de cette ampleur, je vous invite à télécharger une copie de l’archive des données récoltées par Google, où l’on trouve plusieurs gigaoctets de ce que nous pensions avoir effacé, ou qui aurait été englouti par les années.

Cette augmentation de l’usage d’Internet, accompagné d’un excès de confiance dans le numérique, pousse à nous maintenir de plus en plus connecté. Fait exceptionnel : notre législation à anticipé la régulation à mettre en place!

En effet, COCORICO ! la France a été le premier pays au monde à intégrer depuis janvier 2017, le « droit à la déconnexion ». Tous les entreprises sont concernées, c’est très honorable, mais dans les faits, peu suivi, à en croire le sondage ifop en 2017, dans lequel 78 % des cadres répondait qu’ils consultaient leurs mails et SMS professionnels pendant leur temps libre.

Or nous ne sommes pas tous égaux. C’est un sujet qui nous impacte différemment, car certains d’entre nous ont plus de difficultés à établir des limites dans leur connectivité, pour différentes raisons. Comme le perfectionnisme, ou le manque de confiance en soi, par exemple. Cette présence addictive donne l’illusion d’un contrôle, illustré par le syndrome du FOMO : Fear Of Missing Out. Une anxiété caractérisée par la peur de manquer une information ou autre évènement sur les réseaux. Une étude montre que le FOMO se produit fréquemment chez les personnes qui développent des besoins psychologiques insatisfaits.

Quid du principe marketing de l’employee advocacy, qui invite les entreprises à engager toujours plus les collaborateurs ? Cette démarche, est en effet une stratégie marketing dont le but est de transformer les salariés en « ambassadeurs » de l’entreprise. Non, je ne vais pas vous infliger « comment élaborer un programme en 7 étapes  » ! En revanche, je vais vous fournir un chiffre : les ambassadeurs des entreprises peuvent booster jusqu’à 45 % les ventes, par le social selling. Cette pratique doit être accompagnée : avec la crise sanitaire, la mise en place du télétravail, la disponibilité permanente des collaborateurs, ont pu menacer son équilibre personnel, voire détériorer la qualité de son travail, favoriser le stress, provoquer une baisse de motivation et de concentration.

Ce droit à la déconnexion implique avant tout une obligation de le négocier et la mise en place d’une charte le respectant.
Quelle routine pour notre propre régulation ? Du réveil jusqu’au coucher, il n’y a pas de limitation à l’absorption dès lors que nous nous rendons sur les écrans. Alors, qui applique une discipline de consultation sur le Web? Instaurer des horaires, pour lire ses mails, d’autres pour s’informer, pour faire ses recherches ou pour jouer ou se détendre. Alors on peut adopter cette habitude: noter nos activités digitales, et le temps passé pour chacune. Pour conscientiser ce que l’on fait.
C’est une façon de sortir de l’immédiateté et de prendre du recul, de réguler sa dépendance. Au-delà de la frontière vie digitale, vie physique, c’est la dopamine, définie comme l’hormone du plaisir et de la récompense, qui joue un rôle dans la motivation, la satisfaction et le renforcement des habitudes.

Un ancien vice président de Facebook Chamat Paliha Pitya, a déclaré opportunément «  ce que nous voulons, c’est comprendre comment vous manipuler le plus rapidement possible pour vous gratifier en retour d’une bouffée de dopamine. « 
Alarmant ! 

Pour conclure, cette anecdote, narrée par Rob Sullivan, le fondateur de Profecia : Pendant des siècles, les moines et les communautés religieuses ont pratiqué la désintoxication à la dopamine. L’activation de cette dopamine n’est donc pas récente, mais ses leviers prennent différentes formes à travers les siècles !

Ce billet est issu de ma chronique PatchTech sur l’excellent podcast TrenchTech,
que vous pouvez écouter ici ! https://smartlink.ausha.co/trench-tech/patch-tech-blurred-lines-digital

Dans la tête des géants de la Tech

Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, Ray Kurzweil, Elon Musk sont maintenant connus de tous. Leurs ambitions et leurs moyens fascinent, autant qu’ils nous inquiètent.
La notoriété des leaders des BigTech dépasse parfois celle de nos gouvernants. Les créateurs de ces firmes règnent sur les réseaux communautaires et par la même, sur notre ordre social.

Il faut aussi admettre que l’intérêt des médias pour ces personnalités porte autant sur leur fortune, démesurées que sur leur psyché.
Loin de moi d’avoir la prétention d’analyser le profil psychologique de ces big boss, je vous propose un florilège de réflexions de quelques experts, qui abordent les traits comportementaux et aussi leurs désirs, ou leur délires.

Commençons par Jeff Bezos. Les traits de son visage singulier, très mobile, et son asymétrie, sont éloquents. Rappelons que notre visage comporte 26 muscles pour exprimer nos émotions, nos sentiments ou pensées diverses.
Maxence Brulard, expert en morphopsychologie le décrypte ainsi : son nez puissant convexe et saillant s’assimile un peu à un brise-glace. Son intelligence émotionnelle invite à des passions multiples, à provoquer, à ouvrir de nouvelles perspectives, qui pousse le fondateur d’Amazon hors des limites. Il fonctionne par impulsions successives. Et son intelligence paradoxale pourra passer d’un comportement à un autre sans aucun état d’âme.
Christian Chavagnieux, Docteur en économie, va encore plus loin : « Jeff Bezos a toutes les caractéristiques des plus grands escrocs. C’est ce qu’on appelle un pervers narcissique. Il est obligé de compenser une douleur d’enfance par une survalorisation de lui-même. Il développe un instinct de prédation qui va lui faire trouver tout ce qu’on ne lui a pas donné. »


Faisons maintenant une digression avec Ray Kurzweil : Directeur de l’ingénierie chez Google, et futurologue américain. Il a créé plusieurs entreprises pionnière dans la Tech, mais il ne semble pas animé par l’ambition de bâtir un empire. Lui, sa raison d’être, c’est plutôt le transhumanisme. Il est un grand promoteur de la fusion totale entre l’homme et la machine

C’est lorsque j’ai fait la découverte suivante à son sujet, que je me suis penchée sur les aspects psychiques de cette personnalité hors du commun:
Le père de Ray Kurzweil est décédé lorsqu’il avait une vingtaine d’années.
Il a eu dès lors, une seule obsession : le faire revivre ! Depuis, il conserve tous les souvenirs de son père disparu, dans l’espoir de lui redonner vie, un jour, grâce à l’intelligence artificielle.
Il témoigne : » j’ai toutes ses factures d’électricité, ses lettre d’amour, ses partitions de musique. L’idée, à partir de toutes ces informations, est de créer un avatar. Voire, une copie encore meilleure, de re-concevoir la personnalité de mon papa. » Et il s’occupe aussi de lui-même : ainsi, Ray Kurzweil avale deux cent pilules par jour pour retarder son vieillissement. Parmi ses prédictions sur la durée de vie humaine, nous serions éternels à partir de l’an 2050.

En ce qui concerne Peter Thiel, il était dans les années 90 l’élève de René Girard, le Darwin de l’anthropologie, qui a développé la thèse du désir mimétique.

« Nous sommes tous en imitation permanente, car l’autre qui nous voit désirer, va lui-même désirer encore plus ce qu’il voulait. » Initialement co-fondateur de Paypal avec Elon Musk, dès 2000, il est convaincu que les premiers hommes capables de vivre mille ans, sont déjà nés. Et il compte bien figurer parmi les élus ! Il est devenu le plus en vue sur le mouvement du transhumanisme. En attendant, l’entrepreneur se gave d’hormones de croissance, et il a pris ses dispositions pour se faire cryogéniser.

Ensuite parlons de l’incontournable Mark Zuckerberg, qui a même fait l’objet d’un film.
« Son impassible visage, qui a souvent l’air préoccupé et anxieux, est en recherche permanente de reconnaissance », observe David Finsher le réalisateur du film t »The social network ».
Il a 100 millions d’amis sur Facebook, certes, mais il reste un grand frileux émotionnel, et mène un train de vie monastique. Son bébé, Facebook, illustre une utopie sociale. Celle d’un espace totalement pacifié car Zuckerberg voit l’empereur romain Auguste comme un modèle : la construction d’un empire de paix.
Il a d’ailleurs prénommé ses enfants Auguste et Maxima.

Le conflit et les ennemis n’existent pas sur ce réseau social. Si il y a un contentieux, l’ami peut être supprimé. Ou bloqué. Cela donne une certaine idée de son approche relationnelle.

Et pour conclure, un flash sur Elon Musk : « Je suis seulement un incompris. »

Patron de Tesla, il révèle être atteint du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme, qui n’est pas d’origine psychologique. Son enfance n’a pour autant pas été facile, avec la séparation de ses parents, le harcèlement subi à l’école par son attitude de geek.
Musk a beau être un génie qui connait jusqu’au moindre détail l’intérieur d’une voiture, et le moteur d’une fusée, il veut aussi tout contrôler. Il ne délègue rien. Lorsque la Tesla Model S est sortie de l’atelier, il se couchait sous les voitures pour inspecter les passages de roues. Elon est conscient du caractère anormal de son comportement, et il écrit : « Je suis par nature un obsessionnel compulsif. Ce qui compte pour moi c’est de gagner. Ça doit être provoqué par un trou noir psychanalytique ou par un cours circuit neuronal. « 

Comme quoi avec lui, toute explication, est rationnelle et technique !!


Cette réflexion est issue de ma chronique PatchTech, sur le super podcast TrenchTech, dont vous retrouverez l’audio ici : https://podcast.ausha.co/trench-tech/patch-tech-dans-la-tete-des-geants-de-la-tech

Critique … de la critique de la tech !

En 1990 les débuts d’Internet, en 1997 le premier réseau social que tout le monde a oublié : Sixdegrees/ dot/ com.

Facebook qui atteint le Graal en 2008, est devenue la plate-forme dominante des médias sociaux avec plus de 100 millions d’utilisateurs mensuels, atteignant les 3 milliards aujourd’hui.

A l’origine, ces plates-formes étaient relativement inoffensives, et permettaient aux internautes de créer des pages, sur lesquelles publier des photos, des informations familiales, et au fil du temps, un partage de détails plus intimes, pour se mettre en scène. Or, il est aujourd’hui clair que notre naïveté a été prise au piège et fait le jeu du mépris du bien commun, et de toute régulation, les intérêts commerciaux des plateformes – somme toute légitimes- passant bien au-delà. 

Quelle est la chronologie du business model ?
L’amorce s’est faite par la publicité ! Au cours de sa croissance Google a pu évaluer le contenu d’une page et la manière dont les utilisateurs interagissent avec elle. Cette « publicité par ciblage de centres d’intérêt » générait en 2004, un chiffre d’affaires quotidien de 1 million de dollars ; Ce chiffre a été multiplié par plus de 25 en 2010 !
Portée par l’abondance des données récoltées à grande échelle, dans l’objectif de produire des annonces en ligne les plus pertinentes.  

Alors la 2e étape, c’est la détection de nos engagements par les « like » de tel contenu, les clics sur telle ou telle publicité, pour opérer la prédiction des comportements. Car, servir les besoins réels des consommateurs a moins de valeur, est moins lucratif pour ces entreprises, que vendre des prédictions sur nos agissements en ligne.

On parle du grand concept de capitalisme de surveillance ? 

Oui, avec Shoshana Zuboff, universitaire et sociologie américaine! Qui a théorisé ce concept.
Par le visionnage des documentaires américains comme « Hold up sur nos datas “ ou « Derrière nos écrans de fumée », dans lesquels les plateformes dévoilent les dessous de leur design, nous avons été informés, puis convaincus que c’est le cas.
Selon ces documentaires, l’expérience humaine est utilisée à des fins économiques. Mais ensuite, cette influence peut potentiellement se transformer en un contrôle sur nos choix politiques, comme nous l’avons découvert par exemple avec l’affaire Cambridge Analytica.

Les allégations de Shoshana Zuboff, dans son ouvrage « Vous êtes maintenant contrôlé à distance », convergent sur ces réflexions et invitent à une prise de conscience collective en arguant que « Deux milliards de personnes auront des pensées, qu’elles n’avaient pas l’intention d’avoir ».  

Toutes ces assertions nous régalent de science-fiction dystopique, mais pour certaines, il y a très peu de preuves… Le sociologue Sébastien Broche, lui, reproche à Shoshana Zuboff de ne jamais évaluer les faits qui vont à l’encontre de ses déclarations, qu’elle s’en tient à des préconisations générales en matière de lutte contre la surveillance en oubliant d’inscrire ce “capitalisme” dans une histoire plus large ».

Quant à Tristan Harris, qui témoigne dans « The Social Dilemma », il rallie cette prise de parole alarmante en affirmant que les concepteurs de médias sociaux peuvent aller jusqu’à nous forcer à avoir des pensées indésirables.

Rappelons que Harris est titulaire d’un diplôme en informatique de Stanford et a travaillé chez Google, mais il n’a aucune formation en sciences humaines et sciences sociales de la technologie,
ce qui pourrait lui apporter une prise de recul appréciable. Ses thèses sont d’ailleurs contestées.

Quel crédit donner aux informations auxquelles nous sommes exposés ?
Est ce que le prestige du producteur de l’information peut être gage de fiabilité ?
Prenons un exemple, moins virtuel mais parlant :

En 2017, le Cabinet McKinsey affirmait que 60 % des professions auraient 1/3 de leurs activités automatisées par « l’intelligence artificielle » d’ici 2030.  Contraignant entre 400 et 800 millions de travailleurs à chercher un autre emploi. Mc Kinsey vend des services de conseil aux entreprises.
Par conséquent, la firme a tout intérêt à ce que les dirigeants accréditent l’information qu’ils seront confrontés à un environnement transformé. Injectant ainsi de l’inquiétude auprès des décideurs, pour générer des commandes d’études et des analyses stratégiques.
D’ailleurs, en quête d’éléments de preuve de ces chiffres de 2017, je trouve ceci : Toujours selon un rapport Mc Kinsey, de juin 2020, soit 3 ans plus tard, environ 22 % des emplois en Europe pourraient être automatisés d’ici 2030. Leur prédiction de taux d’automatisation des emplois est passée de 60 % à 22 % !

Ce que j’avance ici est d’interroger et de multiplier des sources contradictoires ou concordantes, en matière de technologie, pour approcher d’une certaine objectivité.
À partir d’un fait, nous pouvons produire deux types de narrations : l’une orientée communication, avec plus ou moins de remaniement,
l’autre informationnelle, se déployant dans un esprit d’éveil avec des sources citées, recoupées, et des expertises en attestant.
Finalement le battage médiatique pro tech est tout aussi préjudiciable que le battage médiatique antitech !

Ce billet est la retranscription de ma chronique PatchTech du super podcast TrenchTech , que vous pouvez écouter ici https://smartlink.ausha.co/trench-tech/patch-tech-critique-de-la-critique-de-la-tech