Culture numérique et business : la Chambre des Métiers de Paris a lancé son Colloque !

A  l’occasion de la Semaine Nationale de l’Artisanat,

la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de Paris organisait  en partenariat avec l’Institut Supérieur des Métiers le 19 mars, un colloque au cours duquel des experts ont exposé les tendances numériques de 2015.

Ce Colloque s’adressait aux artisans et aux entrepreneurs, souvent démunis devant les  usages numériques, pour leur communication de marque.
Plusieurs intervenants ont décliné les aspects de ce domaine vaste , en  développant les sujets du e-commerce,  des droits et les devoirs en matière numérique, développer sa marque, appréhender le monde numérique, etc..
et apporté des éléments fiables et précis, adaptés aux  petites structures. Effectivement, il est complexe de discerner quel professionnel peut créer un site web, quel autre peut développer un site e-commerce, une application mobile, qui maîtrise l’usage digital et peut proposer des formations aux réseaux sociaux, etc..
.. et les budgets sont serrés!

Déroulement du programme : PDF Programme #Tendances numeriques

Puis des chefs d’entreprises passionnés par leur activité, ont témoigné. Ils ont pour la plupart initié des actions commerciales par le biais du numérique, avec des obstacles et des succès .
Ces indépendants sont assez isolés, et ce colloque leur permettait de partager, d’échanger les pratiques, et de découvrir des initiatives formidables.
Ce sont des entrepreneurs qui connaissent bien leur clientèle,  ils ont en tête toute la mesure des enjeux de ces nouveaux moyens de communication, de valorisation, d’échanges. A chacun de transposer son savoir-être avec sa clientèle,  sur les multiples supports connectés, afin de poursuivre le contact, et fidéliser sa communauté.
Les Chambres de Métiers, les institutions ont un rôle primordial à jouer, pour cette culture sociale numérique.

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La maturité (numérique) viendra à tous !

Il faut se rendre à l’évidence, les entreprises françaises n’ont pas toutes le même degré d’implication envers le numérique. Qui concerne pourtant toute l’économie.

Première réalité :

Connexions des français aux réseauxLe taux très bas de l’importance, et donc de l’usage des réseaux sociaux en France (17%) versus les autres pays, d’Europe et du monde, constitue un indicateur.

Comment expliquer cela, puisque sur le marché des technologies, nous nous positionnons sous le signe de la croissance, pour les entreprises éditrices de logiciels, les hébergeurs, les centres de stockage de données, etc..  Sans parler de notre représentation massive au CES -Consumer Electronics Show de Las Vegas (le plus grand salon de l’électronique au monde) car avec 160 entreprises, la France était le premier pays représenté d’Europe !

La France se trouve au 5ème rang pour l’usage des smartphones et tablettes, et au 8ème pour l’usage des services en ligne. Cela s’explique aussi par la qualité de l’infrastructure haut débit  : avec une première position, en matière de pénétration de l’Internet fixe.

Et pourtant.. Un décalage s’est créé entre l’adoption du numérique par les particuliers et celui des entreprises.

Premier obstacle : les études révèlent des difficultés organisationnelles pour 45 % d’entre elles, inhérentes à des rigidités structurelles. Les organisations segmentées, historiquement,  freinent la transformation numérique. (Et qui sait, toute transformation, quelle qu’elle soit ?)

Le deuxième point invoqué, sont les lacunes en matière de compétences numériques : 31 % des entreprises font état de difficultés à embaucher des talents dans le numérique.
La mise en place d’une plateforme définissant les acteurs et les métiers du numérique serait une réponse (je travaille sur ce dossier 🙂
Puis, un manque de marge de manoeuvre financière. (Etude Mac Kinsey : « Accélérer la mutation numérique des entreprises »)

Les grands groupes, éminemment conscients de l’évolution de leur business,  -ce n’est plus un produit que l’on vante, mais un service, une relation client -n’ont pas tous attendus l’émergence d’entreprises agiles pour être bousculés, ou pire, mis en danger. D’ailleurs, ces petites structures utilisent naturellement l’outil digital comme vecteur de diffusion,  de vente, et leur culture numérique n’est pas un sujet.

Pour les autres, sceptiques sur l' »intégration du numérique », les dirigeants déclinent les arguments suivants :
-« Nous ne sommes pas concernés, dans notre métier »
-« On fait déjà ce qu’il faut »
(et plein d’autres affirmations de déni dans cet  excellent article de Nicolas Colin : http://tinyurl.com/od8umlo )

Pour en revenir sur le premier point, culturel, presque comportemental, je constate que tous les managers n’ont pas ce frein. D’autres patrons, par esprit entreprenarial, par nature ? .. En tout cas conscients de l’importance de maintenir une dynamique, ou avec le souhait de rester en phase, prouvent leur motivation, et avancent efficacement dans des actes de transformation. Ils n’ont de cesse de s’adapter à leur environnement commercial, leur clientèle (ce n’est pas forcément la notion de la cohésion de leurs équipes qui les animent, so !),  et effectuent clairement cette bascule. Ils s’interrogent, sollicitent conseils et accompagnement avec beaucoup d’énergie, qui me semble propre à leur fonction.

Ensuite, chaque structure acquiert et fabrique ses compétences. Ce qui importe, c’est l’initiative, et l’expérience qui en résulte. Créer des interactions, une synergie des collaborations, pour établir des process cohérents, toute action étant alors optimisée, plus performante.

Prince belle au bois dormantEntrepreneurs, seriez-vous des Princesses endormies,

qui attendent un baiser magique, pour vous réveiller ?

OVH. What ?

OVH, ou Oles Van Herman, surnom de l’étudiant Octave Klaba qui a créé cette entreprise en 1999.
Même si, d’après son activité, on pourrait transformer l’acronyme en « On Vous Héberge » ?!
D’origine polonaise, la famille Klaba, arrive en France en 1990. OVH est une histoire de famille, comme le rappelle Henryk Klaba président et co-fondateur. Le capital d’OVH leur appartient d’ailleurs à 100 %.

Octave entrepose ses premiers appareils à Paris, dans des locaux parisiens prêtés par Xavier Niel. Atteint ensuite un parc de 1 200 machines et poursuit son développement, à Roubaix en 2008.

Quasiment tout le monde utilise les services d’OVH sans le savoir. Car OVH est un hébergeur de sites web français et propose une multitude de services aux entreprises en infrastructures web : hébergement, nom de domaine, serveur dédié, CDN, Cloud, Big Data, …Dès 2006, OVH ouvre ses premières filiales étrangères, et aujourd’hui, 15 filiales en Europe et deux en Afrique du Nord. Les concurrents ? Amazon, Google et IBM.

Avec environ 180 000 serveurs (en octobre 2014) dans ses 17 datacenters, OVH dispose de l’un des plus grands parcs de serveurs au monde.

Avec 230 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014, 800 collaborateurs, le groupe se trouve déjà à la troisième place mondiale sur le marché des serveurs dédiés.

ovh w t

Alors, je débarque à la nouvelle édition de l’ #OVHWorld Tour vendredi, à Lyon, après Lille et Montpellier, pour approcher ce monde obscur mais inhérent à mon environnement numérique. Un copain client d’OVH de longue date, m’explique que la stratégie d’OVH n’était pas de faire de l’argent, mais d’assurer une technologie fiable et de grande qualité.
La présentation on stage de Alexandre Morel @Axel_more illustre à merveille ce propos : sérieux, précis, avec une volonté de service clients et d’interactivité, et malgré le format « show », sans paillettes inutiles. On comprend vite que l’auditoire est acquis, ce sont pour la plupart des clients, et qui expriment leur satisfaction. Un bémol apparemment, résiderait dans l’édition des factures. C’est tout ce que j’ai trouvé !

Et, voilà Alexandre Morel, vers le coin café et petits beignets, conversant avec un étudiant.
Sur ma question du nombre d’incubateurs de start up en France -une cinquantaine-,

L Allard et Alexandre Morel  il expose la lecture de « Lean Start Up » qui est très instructive. OVH a lancé son propre incubateur d’entreprises, offrant 5 000 € pour les 18 premiers mois, permettant de discerner les pépites, les clients potentiels et utilisateurs.

Il est brillant, disponible, tellement sympathique et ouvert, on reste fasciné à l’écouter !
Suivez le #OVHWorldTour !
Tout est possible avec ce groupe en évolution, la solidité est là, et l’agilité entretenue.

Les métiers du digital : Ne soyez pas le marteau, pour lequel tout ressemble à un clou..

A notre époque où « tout est digital » (cf article plus bas !), les entreprises souhaitant  intégrer une stratégie de communication web pour se rapprocher de ses clients, se doivent d’être aussi scrupuleuses dans le choix de leurs interlocuteurs que pour leurs fournisseurs habituels.

Commençons par l’animation de vos réseaux sociaux.
Cette infographie permet de discerner les actions et les objectifs d’un community manager, de celles d’un RP digital.
Infographie- RPvsCMLes deux activités sont complémentaires, cela dépend également du budget alloué.
Une partie des compétences se croisent aussi, c’est en fonction de la nature des individus qui interviendront. Investigations subtiles, certes 🙂

Pour ma part, je précise à mes clients que je suis pas community manager.
Et, dans l’optique de l’intégration du numérique dans l’entreprise, je propose l’animation des pages FaceBook Twitter ou Linked’in par exemple, en spécifiant que ma compétence est avant tout relationnelle, tournée vers le consommateur.

Par exemple, mon activité sur les réseaux pour mes clients (marques et événements) m’ont permis d’obtenir pour eux des rendez-vous avec des rédac’ chefs, des articles dans la presse économique, des contacts  professionnels, des fournisseurs, et des interventions dans le cadre d’événements.
Nous sommes là, bien en-dehors de la sphère du community management.

Nombreux sont ceux qui ont dépensé inutilement du temps ou de l’argent .. C’est à vous, chefs d’entreprise et dirigeants, d’interroger et de vous informer, pour qualifier précisément vos besoins, et vous orienter vers les bons prestataires.
Vous pouvez en témoigner, ici !

Rappel : Ne soyez pas le marteau 😉
clou vis chevilles

Les enjeux de la data. Un livre incontournable pour comprendre ! Et du name dropping :-)

Book GillesGilles babA l’issue du salon Big Data Paris, Gilles Babinet présentait son deuxième livre, le mercredi 11 mars.
Une ambiance sympathique, à l’image de Gilles et de sa curiosité insatiable sur notre monde. Rassurée, en me retrouvant dans cette foule, qui n’était pas un microcosme parisien du numérique !
De belles rencontres, et retrouvailles.
Avec Eric Debray, armé d’un appareil photo -alors que nous étions tous sur Smartphone, j’ai revu François Momboisse, Président de la Fevad, Nicolas Bordas, Président TBWA Europe, la joie de découvrir la pétulante et perspicace Bénédicte Tilloy, DG des Ressources humaines à la SNCF, riche d’idées sur la cohésion des équipes dans son entreprise.
Guy Mamou-Mani Président du Syntec Numérique, se trouvait aussi in da place !
Puis, Mehdi Benchoufi, médecin, chercheur, Président du Club Jade http://www.club-jade.fr/ , porteur de projets pionniers.
Cela ressemble à des mondanités, mais c’est dans ces univers croisés, que les idées s’amorcent.
Merci, pour ce cocktail enivrant, et sans alcool.
Enfin, juste 2 ou 3 coupes de Champ’ !

Sommes-nous tous « digital » ?

Digitaliser, certes ! Les dirigeants ont en tête l’impérieuse nécessité d’apprentissage de l’usage pour leur entreprise -et pour leurs équipes, évidemment !- ainsi que quelques vagues données sur le retour business. La demande frémit, s’affine, mais en face, quelle réponse ?

A la suite d’une intervention sur l’intégration du digital et des réseaux sociaux pour un groupe médical, j’apprends que l’agence en charge de leur communication s’est présentée « agence digitale ». Alors qu’elle est connue, et même réputée, pour la mise en place d’événements en province.
Je vérifie rapidement l’existence de cette agence, recherche sur #google :Pas de page Facebook, ni de compte Twitter, un site Web qui affiche 404.

Une agence digitale peut-elle s’absoudre de toute présence sur les réseaux sociaux et le Web ?

Si comme à une certaine époque, à l’instar du peintre en lettres qui s’annonçait publicitaire, toute entité de communication ou de solution informatique se positionne comme digitale, il va y avoir du gâchis !!

Soyons professionnels, pour ne pas se discréditer auprès des chefs d’entreprise, déjà frileux en ce domaine.

Shiva

Différencions, pour mieux les faire travailler ensemble, les entreprises IT qui fournissent des outils informatiques, des agences et créateurs de sites web, jusqu’aux sociétés expérimentées à analyser les data de vos sites e-commerce. Distinguons les communicants, des community manager. La technologie, n’est pas la communication, et inversement. Discernons les instituts de formation, des experts qui pratiquent, et utilisent les fonctionnalités des réseaux au quotidien… Les talents doivent s’identifier, se compléter. Mais ne peuvent s’inventer.

Aux communicants de clarifier leur offre, car tous autant que nous sommes, nous n’avons pas les mêmes compétences.

Passionnant et.. effarant !

tatouage_electronique
Cette entreprise suédoise, implante des micro-puces dans les mains de ses salariés
afin de pouvoir utiliser la photocopieuse, payer la cantine!
Patrice Epelboin nous livre ses réflexions sur le sujet. Même si nous sommes déjà bien « tracés » par nos smartphones et les données que nous émettons uniquement en le portant, nous serons certainement moins réticents lorsqu’il s’agira d’une implantation thérapeutique, permettant de transmettre nos données de taux de sucre, notre rythme cardiaque etc..
D’où l’urgence de nos législateurs à encadrer toutes ces pratiques potentielles, ou réelles !
Quel regard portez-vous sur le sujet ?

Influence ?

influence : nom féminin

(latin médiéval influentia, du latin classique influere, couler dans)

Slide influenceurs dirigeantes

Définitions

Action, généralement continue, qu’exerce quelque chose sur quelque chose ou sur quelqu’un.
Ascendant de quelqu’un sur quelqu’un d’autre : Il a beaucoup changé sous l’influence de son ami.
Pouvoir social et politique de quelqu’un, d’un groupe, qui leur permet d’agir sur le cours des événements, des décisions prises, etc. : On a vu grandir son influence dans le monde des affaires.

Bref, nous sommes tous peu ou prou des influenceurs, à plus ou moins grande échelle, un temps donné, mais toujours avec des paramètres, qui doivent nécessairement être indiqués pour délimiter cette influence 🙂

Comment l’entreprise peut-elle intégrer le numérique ? Des pistes !

Article Les Echos digitalisation

Au secours, ma boîte se digitalise !

Panique à bord, la digitalisation en entreprise ? Ni affolement, ni fol enthousiasme. Plutôt un attentisme mêlé d’appréhension. Or, l’intégration du numérique est non seulement une clé du développement mais aussi le vecteur d’une nouvelle façon de travailler, transversale et collaborative.
E-commerce, intranet, réseaux, cloud, applis, data… Nos sociétés ont basculé dans le numérique. Il ne s’agit pas ici d’évoquer le niveau d’informatisation de l’entreprise, mais d’entrevoir et d’initier l’assimilation du numérique en son sein, laquelle nécessite une véritable acculturation interne, à toutes les strates. Paradoxalement, les entreprises accusent un certain retard par rapport à la société.

Un impératif : s’adapter
Pour la développer, le dirigeant doit gérer l’entreprise en intégrant : la mondialisation, la concurrence croissante, la technologie. Assimiler ces évolutions implique la capacité d’adaptation. « La question n’est plus d’avoir une stratégie digitale, mais d’avoir une stratégie dans un monde digital », affirme M. Aubusson de Carvalay, de PwC, résumant cette faculté qui fait défaut. Sans en être la finalité, le digital est désormais le mode business.

Le consommateur : un internaute exigeant, au fait de la concurrence
72% des acheteurs B2B utilisent les réseaux sociaux pour s’informer, chercher une solution. 22% prennent directement contact avec les fournisseurs. Le consommateur, exigeant, partage, critique, notamment lorsque qu’un service ou un produit ne lui a pas donné satisfaction. En surfant sur le Net, où sont hébergés quelque 600 millions de sites, il a toute information plus rapidement qu’en s’adressant aux services clients. Favorisé par le marketing cross-canal et accéléré par la réactivité du Web, le parcours du consommateur est multiplié par maints points de contact.
Il s’agit donc pour l’entreprise de proposer à sa cible un contenu ou un service personnalisé. La création de valeur se porte alors plus sur les interactions entre le client et les services spécifiés que sur le produit. Cependant, comme en témoigne une analyse de Google (The Customer Journey to Online Purchase), les réseaux sociaux ne sont pas des sites de vente. Ils jouent un rôle de plateformes, pour communiquer et collecter les impressions des internautes (Hugo Lauras, Andlil). Leur atout majeur est de sensibiliser le client potentiel, d’approfondir la relation, de développer l’intention d’achat. Les échanges, l’écoute, favorisent les insights clients : mieux connaître pour mieux cibler et susciter l’engagement.
Les entreprises B2B ont généralement bien intégré cette démarche : 14% d’entre elles vendent directement en ligne et 19% achètent sur internet (Etude FEVAD). Et, pour 82% des acheteurs B2B, les fournisseurs choisis sont ceux qui ont su proposer des contenus appropriés à chaque étape du processus d’achat. Mais la vigilance est de mise en matière de publicité sur les réseaux sociaux : le consommateur la fuit. D’ailleurs, Gilles Babinet parle de dé-verticalisation dans l’excellent « La transformation digitale » de Adobe et Valtech.

Sur les activités du retail, le suivi du client connecté est encore plus évident : l’expérience montre que les services proposés sur le Net participent à la hausse de fréquentation, voire à l’acte d’achat en magasin. Philippe Houzé, Président des Galeries Lafayette : « 40% des utilisateurs du service en ligne click & collect dépensent davantage lors de leur passage aux Galeries Lafayette ». De son côté, le site de géolocalisation Mappy a compris l’enjeu et réagi en intégrant les commerçants au coeur de ses plans de localisation. Or, si la géolocalisation est une pratique courante dans la vie quotidienne, 57% des commerces n’ont pas de site web ! Et pourtant, confirme Nicolas Odet (Hardis) “Ce sont les marques qui gravitent autour des consommateurs et non l’inverse“. Quant à la e-reputation de la marque ou de l’entreprise, elle dépend du consommateur. Or, on constate une baisse générale de la réputation des grandes entreprises, tant en termes de confiance globale que de qualité des produits et services proposés (Syntec RP).

Une nécessité : l’adhésion au sein de l’entreprise
87% des salariés fréquentent les réseaux pour des raisons personnelles et 0,4% pour des raisons professionnelles (Enquête CEGOS 2012). L’adhésion des employés au numérique est pourtant un vecteur de réussite essentiel. Stéphane Richard, PDG d’Orange : “Parallèlement à l’«expérience client» qui vise à s’assurer que le client est satisfait de sa relation aux produits et aux services de l’entreprise, celle-ci doit prendre en compte l’«expérience salarié » dans laquelle le numérique sous toutes ses formes tient une place centrale.” Ces chiffres remarquables (Etude Digital Ready) montrent les limites : Seuls 46% des responsables prennent en compte son intégration dans la stratégie de leur entreprise. Chiffre paradoxal comparé aux 81% des dirigeants qui estiment que les avancées technologiques transformeront leur entreprise dans les cinq prochaines années (L’Atelier BNP Paribas).
Quels sont les freins à l’intégration du numérique ? La peur de perdre son emploi, d’être remplacé par des logiciels, des robots… ? Crainte de relayer de mauvais contenus ? Il revient aux managers d’envisager les obstacles avec la DRH. A contrario, quid des avantages de la digitalisation pour les collaborateurs ? En priorité, les objectifs de business : gain de compétitivité, de parts de marché, de leadership. Mais aussi, une visibilité accrue et la constitution d’une e-réputation numérique. En relayant du contenu économique pour animer leurs comptes sociaux, les collaborateurs témoignent de leur engagement envers l’entreprise, dévoilent un profil attractif et augmentent leur employabilité.

Recréer du lien et du travail collaboratif
De manière générale, le taux d’engagement dans l’entreprise est faible : 13% en France (Rapport Gallup). Ce chiffre, révélateur d’un malaise, traduit le besoin de plus de lien, plus de sens. Le numérique, qui a cette vertu d’associer salariés, collaborateurs, voire clients et fournisseurs, peut devenir vecteur de liens pour humaniser les contacts. Le réseau intranet, par exemple, constitue un bon levier pour amorcer la digitalisation. Le numérique instille un esprit collaboratif entre les étages, accélère les prises de décision, gomme les hiérarchies. En impliquant ses équipes dans cette évolution, la gouvernance peut développer leur appétence.
Le marché du travail découvre la génération Y : « 72% des 12/25 ans déclarent ne pas pouvoir se passer d’internet pendant une journée… » affirme Joël de Rosnay (Surfer la Vie). Si l’entreprise est mature digitalement, les jeunes recrues y trouveront leurs points de repères, performeront avec leurs codes, tels que le travail collaboratif. Enfin, des membres de l’entreprise peuvent se révéler moteurs du changement via des initiatives localisées, comme la gestion du site web, l’animation du réseau interne, du CRM. Arrive cependant le stade où l’addition des actions autonomes ne suffit plus. Pour éviter le déséquilibre entre les usages des collaborateurs, il convient d’assurer la coexistence entre qui est dans la dynamique digitale et qui est en retrait.
La formation est l’autre critère de réussite. Formation aux réseaux sociaux, proposée à tous les collaborateurs et tous les métiers. Fred Cavazza, de emarketing.fr : « Ce sont tous les services de l’entreprise qu’il faut faire monter en compétences afin d’intégrer la pratique. » Mais aussi formation à la culture de ”l’être connecté”. Formation enfin aux technologies inhérentes au fonctionnement de l’entreprise : e-business, géolocalisation, stockage de données dans le cloud, objets connectés, reconnaissance faciale… Le digital est un écosystème et doit être transmis comme tel. En se développant, l’acculturation des équipes insuffle une dynamique collective.

La clé : une gouvernance motivée
La motivation des dirigeants est essentielle pour mettre en place l’acculturation et la transformation numérique. Celle-ci nécessite une révolution managériale d’ampleur, une vision forte. Avec le numérique, le pouvoir se répartit au profit d’une autorité de la compétence partagée. La position du manager se situe alors dans le coaching, la réflexion, l’analyse. Qui, dès lors, pour conduire cette transformation ? La pensée dominante veut que le service marketing soit le plus habilité. D’aucuns font valoir que ce management revient à la DSI. Une autre approche est la création d’un nouveau rôle, “l’officier en chef numérique”. C’est dans le panachage de ces métiers, et selon la courbe de maturité de l’entreprise, que l’on trouvera les solutions. Alors, peu importe qui conduira l’agenda numérique, mais il revient à chaque dirigeant d’impulser les gouvernances, de « banaliser le digital, exprimer et communiquer avec clarté les enjeux. » (Bernard Cathelat).

Quelques pistes…
Certains grands groupes témoignent, à différentes vitesses, de leur digitalisation, et inspirent le marché. Un fait est sûr : le pilotage de l’entreprise doit se faire dans la transparence. Pour J.C. Dichant, il s’agit “d’établir un plan de route selon sa maturité, les outils et les hommes, et une approche pragmatique des rapports compréhensifs qui permettent de dégager des éléments de ROI ». Le droit à l’erreur est de mise mais la transformation doit être visible de tous. La difficulté d’un projet de digitalisation réside de fait dans une définition des objectifs. « Plus qu’une stratégie, nous avons mis en place des process digitaux, et créé des outils. » confirme Hinde Pagani, Directrice Digitale du Groupe Pernod. Ecosystème, le numérique ne souffre pas d’être envisagé de façon parcellaire. Générateur d’interactions, il demande de veiller à la possibilité de voir émerger des systèmes innovants. La réussite et la convergence de tous ces points amènent à créer de nouveaux modèles économiques, de nouveaux modes de décisions, de communication, de relations clients, voire de création de services et de produits. Louis Richardson (IBM) : “L’intérêt pour l’entreprise est de tirer profit des interactions ainsi que des flux d’informations qui s’échangent, pour être plus intelligente.” Et Nicolas Bordas, Vice-Président de TBWA Europe, de conclure : “Il est impératif de « se disrupter » soi-même, si on ne veut pas être « disrupté » par un nouvel entrant.”

©FabienneBillat

Commentaire avisé, et gratifiant, d’un inconnu  😉

Qd j’ai lu votre article publié dans Les Échos, j’ai trouvé qu’il était bcp plus dense q de nombreux autres. Nous sommes tous ‘perdus’ face à la montée du Digital. Je suis vraiment sérieux qd je vous encourage à écrire un livre à ce sujet. Évidemment, de nombreux angles d’attaques sont possibles. Votre expertise permettrait de vulgariser au plus ou moins grand nombre ce monde qui fourmille, émerveille, interroge mais surtout ce monde qui s’ouvre à nous tous et dans lequel nous devons plonger sans crainte. Si vous pouvez accompagner les français au mieux, votre démarche ne sera pas seulement professionnelle, économique mais également sociale et citoyenne. Je parle uniquement des français car la France doit vraiment tirer profit de cette révolution digitale pour se relever.